RUBRIQUE :  Politique

Dilgo va au charbon (Dilgo président 10/56)

Samedi 16 décembre 2006 | Posté par Dilgo |

Je travaillais dans le garage sur mon grand projet de faire disparaître la sécurité et avec elle l’insécurité quand mon portable a sonné. C’était Samy, qu’est-ce que tu fous, il a dit, et tes signatures ? Pas besoin, j’ai dit. Si besoin, il a dit. Tu seras comme tout le monde. Va te faire voir Place Beauvau. Monsieur Sarkozy devait y parler, à la télévision et aux gens qu’il avait invité pour faire un tas autour de lui. Dont le Bondy Blog. Ce voyage à Paris ne m’arrangeait pas mais j’avais une raison d’aller là-bas, en savoir plus sur le propriétaire de mon appartement à Saint Denis. Même en fouinant dans son bureau j’ai appris peu de choses. Même son visage, je suppose qu’il est grand, gros, barbu, c’est une supposition. Que c’est un dangereux terroriste, comment être sûr. Même son nom, Bozon, Barzy, Zarby, aucune certitude. Il allait peut-être se trouver dans la foule, invité mystère. Place Beauvau, je suis entré sans fouille, sans contrôle d’identité, grâce à Mohamed. L’adjoint au maire de Dreux, Ahmed Qerrouani, m’a aimablement proposé une chaise qui se libérait à côté de lui. Il voulait savoir ce que je pensais de la conférence. Je n’en pensais rien, je voulais juste voir, qui est qui, dit quoi, pourquoi, photographier tout. Lui, il voulait que monsieur Sarkozy se remette en cause à propos de son vocabulaire fameux. Plus tard le ministre est arrivé. « Il est là ». Dans le hall il y avait de l’agitation. La salle se vidait, des élèves policiers se levaient sous le nez de l’orateur pour aller voir le patron, dans une autre salle et c’était pathétique. C’était dans la salle où la collation attendait les invités que le tas s’était formé. Même en montant sur le rebord de la fenêtre, assez large pour m’accueillir moi et un caméraman, pas moyen de voir le centre du tas qui se déplaçait lentement le long de la table du banquet, derrière laquelle des serviteurs blancs attendaient patiemment l’évaporation du tourbillon. Pas moyen de voir, non. Il n’y avait peut-être rien au centre du tas, le vide qui fait tourner la roue. Vide sur lequel des caméras et des micros perchés émergeant de la mêlée se tournaient comme d’archaïques animaux sous les lustres historiques. J’ai pu apercevoir, pendant un bref moment de grâce, de dos, un bout d’oreille et la mâchoire de l’individu qui animait ce centre énigmatique. Mais il ne ressemblait pas à l’idée que je me fais de Bozon. Ce n’était sûrement qu’un sbire. Un acteur doué payé pour donner le vertige aux masses. Le fameux monsieur Sarkozy, qui existe autant que la sécurité. Qui possède un gros porte-feuille et des moyens oui, mais un sbire. De toute façon je m’en fous. J’ai plein de photos des gens qui étaient là, que je pourrai analyser plus tard et trouver parmi eux celui que je cherche, qui a été mon premier soutien alors que j’étais encore un inconnu, mon premier sponsor. J’ai aussi mes cartes de visites. Et surtout le nom du directeur de l’A.N.P.E. Il dit qu’il veut créer des emplois nouveaux et justement j’en ai plein à lui proposer mais d’abord, il va falloir qu’il secoue l’agence de Bondy, je n’ai toujours personne pour la maintenance de ma boîte dilgoforpresident@yahoo.fr. Cette agence refuse obstinément de me servir et de diffuser mon annonce. Je voulais tenter le scandale politico-administratif, mais il y a moyen de faire mieux. Je vais profiter du BB pour publier une lettre ouverte au chef de cette entreprise de gestion des stocks laborieux, Christian Charpy. J’écrirai ça tranquillement dans l’avion ce soir.

Dilgo

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Réactions des internautes

  1. Briardounet dit :

    Monsieur Le Président,

    Maintenant que vous êtes notre président, que lis-je dans votre proclamation depuis la place Beauvau?

    " Portable…photographier…télévision…caméraman… caméras…micros…" et que sais-je encore. La fonction présidentielle consiste-t-elle à parler dans des boites de résonnance et à se faire tirer le portrait pour se faire voir et entendre sur d’étranges lucarnes aux 4 coins du pays? Sans compter les DOMTOM.

    Dans ce cas, n’est-il pas plus efficient et performant  d’acheter une "un moulin à paroles-vidéo universel" qui vous donnerait l’opportunité d’exercer votre gouvernance en-ligne? Cela vous permettrait de prendre l’avion pour Bruxelles, d’y aller déguster un superbe waterzoï de poulet, pendant que chaque citoyen se recueillerait en esgourdant la " Voix de Son Maître". Comme celle de Big Brother dans le roman d’Orwell, 1984. Avec 22 ans de retard….

    • omaliasJackBauer dit :

      Président Dilgo ATTENTION

      Briardounet c’est Iznogoud ! Attention à vous President Dilgo, je crois que vous commettez une grave erreur en le prenant au sérieux !

      Briardounet c’est ISNOGOOD President Attention !

      • Briardounet dit :

        ===> Om

        Sérieusement: Iznogood, c’est qui? Jamais entendu parler de lui. Est-ce qu’il a un modeste châlet à Gstaadt? Ou bien à Olivode?

        • GI-Joe dit :

          Iznogoud est un Vizir qui veut devenir Calife à la place du Calife, dans la Bande Dessinée du même nom. Le Calife est un bon Calife et Iznogoud est un vilain Vizir prêt à toutes les bassesses.

          Un peu comme le ministre de l’intérieur. Sauf qu’Iznogoud n’y arrive jamais…et ça l’énerve, ça l’énerve….

          • dilgo dit :

            Aucun doute que monsieur Bozon, s’il est élu, ne supportera pas l’idée que c’était pour rire, qu’en fait il n’est pas président. Ca va l’énerver.

  2. om dit :

    un tas qui se déplace autour d’un centre qui doit être le vide ! les serveurs blancs ! ;-) )

    Quel courage vous avez pour vivre ces cirques !

    berk !

    Yo Dilgo !