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Chavez, l’espoir d’Ingrid ?

Lundi 19 novembre 2007 | Posté par Manuel Ardiles |

Le président vénézuélien est demain à Paris pour rencontrer Nicolas Sarkozy. Il dit être porteur de « bonnes nouvelles » au sujet de la sénatrice enlevée par les FARC le 23 février 2002. Une « preuve de vie » ? Le reportage de Manuel Ardilès en Colombie, pays de l’otage

Bogota était sous la pluie, dimanche 4 novembre, lorsque l’écho de la déclaration imprudente de Bernard Kouchner résonna. Quelques mots - le ministre français affirmait avoir une preuve de vie indirecte d’Ingrid Betancourt – et la magie de la technique fit le reste : l’information se répandit en quelques secondes. Dans le monde de l’information globalisée, il y a des dégâts collatéraux et parfois des victimes. Juan-Carlos Lecompte (photo) était ce jour-là dans son appartement où il vit seul depuis le 23 févier 2002, date de l’enlèvement de sa femme : Ingrid Betancourt. Il n’est pas rare qu’en ouvrant la télé ou la radio, une voix ou un visage inconnu évoque l’ancienne candidate présidentielle du parti Vert Oxigeno, aujourd’hui otage des FARC.

Tout a été dit en Colombie, souvent le pire, sur le tragique enlèvement. Et puis lorsque l’information s’est faite rare, les rumeurs ont pris le pas pour alimenter les dîners en ville, les conversations dans les restaurants chics de la zone rose, dans les clubs, l’ont tour à tour enterrée, mise enceinte, rendue complice des FARC. La bonne bourgeoisie « cachaca » (originaire de Bogota) à laquelle appartient Ingrid Betancourt lui fait payer cher le prix du mépris et de la trahison. Et puis le peuple a d’autres soucis.

En août dernier, ce fut un moment fort d’intensité. Aux premiers jours, les rumeurs annonçaient la mort presque certaine d’Ingrid, et puis ce fut le tour d’une journaliste anti-chaviste de connaître son quart d’heure warholien de gloire, en déclarant que la célèbre otage était en territoire vénézuélien, dans une « finca » (petite hacienda) du mono Jojoy, et ce, avec l’assentiment de Hugo Chavez, le président du pays. Elle aussi avait des preuves indirectes. Alors, le téléphone sonne sans cesse, et parfois Juan-Carlos, ou Yolanda Pulecio, la mère d’Ingrid, doivent répondre aux questions posées sans ambages par les journalistes sur le décès supposé de l’ancienne candidate. Les prises d’otages mettent à rude épreuve les familles, l’absence et la souffrance les détruisent parfois. La famille d’Ingrid est sur ce point comme les autres. Sa mère d’un côté, son mari de l’autre. Les deux luttent pour la retrouver.

Mais parfois l’espoir renaît. Le mois d’août n’a pas charrié que des rumeurs ou des scoops foireux. Il y eut la marche du « petit prof » Moncayo. Un père, celui du plus ancien otage, dix ans en décembre prochain, prit la route depuis son village jusqu’à Bogota. Son arrivée, sous un soleil capricieux et les encouragements d’une foule massive et solidaire, fut pour les familles d’otages une divine surprise. Sans doute pour la première fois, en Colombie, un mouvement d’opinion en faveur d’un accord humanitaire, solidaire des otages et de leurs familles, semblait possible. Les otages n’étaient plus seulement l’affaire de leurs familles, on eut l’impression que le pays s’en préoccupait enfin.

Au cours de l’émission Alo Presidente, le même mois, Piedad Cordoba, beauté afro de 52 ans, sénatrice libérale, a interpellé Hugo Chavez et lui a demandé d’être médiateur entre le gouvernement colombien et les FARC pour faciliter un accord humanitaire, synonyme de liberté pour les otages, et notamment pour Ingrid Betancourt. Et le plus étonnant, c’est que le président Uribe a accepté que l’encombrant Chavez se mêle d’une affaire pour le moins délicate, sur le plan interne et international. Les mauvaises langues à Bogota disent que c’était pour gagner du temps, et avoir un peu d’air. Embourbé dans le scandale des liens entre les paramilitaires et des politiciens uribistes inculpés, emprisonnés, 40 à vrai dire, et la pression d’une opinion publique conquise, le temps d’une marche, par Moncayo, Uribe prit l’initiative là où on ne l’attendait plus.

C’est donc désormais à Caracas que cela se passe. On ne sait pas vraiment ce qui se passe en fait. Une rencontre et des discussions, entre Chavez, des représentants des FARC et Piedad Cordoba. La presse internationale y était. La France a envoyé un représentant. Juan Carlos prit l’avion aussi. L’espoir est désormais possible. Les familles, les amis, celles et ceux qui n’attendaient plus rien ni d’Uribe ni des FARC suivent à nouveau les infos avec intérêt.

C’est le cas d’Angelica Lozano, aujourd’hui maire de Chapinero, un des quartiers les plus en vue de Bogota. Elle a à peine 30 ans, elle finit son mandat en début d’année prochaine. Elle fut assistante parlementaire d’Ingrid au Sénat. Sa fougue, sa franchise et son sens politique avaient sans doute séduit la jeune sénatrice. Angelica n’a pas suivi Ingrid dans sa quête présidentielle, elle n’a jamais cru en l’homme ou la femme providentielle en l’occurrence. Elle préfère les aventures collectives, la patiente construction de rapports de force, le débat et les discussions stratégiques à forte connotation idéologique. Leur collaboration a duré un temps et Angelica, forte de l’expérience acquise, s’en est allée, pas loin en réalité. Elles sont devenues amies, de bonnes amies. Et depuis ce 23 février, elle pense souvent à elle, aux années de captivité, aux plus belles années, qui seront celles de la liberté retrouvée.

Manuel Ardilès

Manuel Ardilès

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Réactions des internautes

  1. om dit :

    Bondy Blog, vous êtes bigleux ?
    Il vous suffit d’intervenir une fois en comm et une fois en billet, et après quoi vous vous lavez les mains ?

    Comment ça se fait que les commentateurs découvrent avant vous ce genre de puanteur ?
    Ne me dites pas qu vous etes pas fourrez devant votre ordi blablabla

    Vous etes plusieurs

    Bref un peu de respect pour les lecteurs qu’on évite de vomir le ptit dej !

    • om dit :

      D’ailleurs bondy Blog
      quel est votre rapport à la Loi ?
      car vous êtes légalement responsable de tout ce qui estpublié ici. Si quelqu’un dépose une plainte contre un comm, c’est vous qui êtes mis en examen;

      Alors faites le ménage car je suis d’accord sur ce point avec Mowgli: ça semble vous arranger pour attirer  les mouches les comm limites.
      N’oubliez pas: VOUS êtes responsable devant la Loi de tout ce qui se dit ici.

  2. dilgo dit :

    Je prends note. Je suis d’ailleurs très satisfait, je n’ai pas l’intention de mourir d’une bronchite.

  3. Anonyme dit :

    Porque no te cayas ????

    Chavez guignol pathetique, capable de ruiné son pays alors qu’il possède un max de ressources. qui vient annoncer la bonne nouvelle de la folle suicidaire qui s’est elle même jetée dans la gueule de ses ravisseurs !

    Pourquoi tant de bruit sur cette folle suicidaire, alors que des français (vrais) croupissent partout dans les geoles de dictature « amies » !

  4. Anonyme dit :

    Avec sarkocouillonnade tout est bon pour se foutre de la gueule des gens. Vive le fouquet’s et le CAC 40!

  5. dilgo dit :

    De l’oxygène, Manuel, et l’économie d’un voyage pour notre équipe qui fait ce qu’elle peut avec l’argent qu’elle a, et je peux vous dire, des conditions de captivité, mais enfin, par la magie, c’est comme si on y était nous, à Bogota. On va leur dire qu’en réalité on ne communique pas par internet. Plus. Les aventures collectives, c’est nous, on a mis nos esprits en commun. C’était le risque, la sixième république risquait de parler d’autres langues inconnues et comme ça, un fluide risquait de passer pour de la communication sans branle-bas, un fluide qui ferait de la politique, pour défier les puissances. Oui Manuel. Comme ça, au quotidien on se démerde. On a pas de moyens, on est dans le maquis des incognitos, mais on sait bien qu’on est sur la ligne de force. D’où elle vient, ou elle va, on en sait rien. Elle passe par nous, elle nous apporte des savoirs. Elle nous donne aussi des pouvoirs.

    Plein de signes qu’il faut savoir interpréter et qui font que la vie ne joue avec le hasard souvent uniquement parce que nous comprenons difficilement les bondissements magiques de la sorcellerie. Pas moyen, sinon, d’être un président sans moyen, sans bondir, sans char céleste, figurez-vous, il y en a qui appelle ça de la poésie, mon œil. Il y a du pétrole à la clé, des mitrailleuses en face, il faut faire gaffe. Les pieds sur terre. Pour vous donner un exemple, ma mère s’appelle Raymonde Callo Mellancourt, ce qui fait Radio Monte Carlos si on regarde les initiales et les initiés ; alors (bien sûr ce n’est qu’un exemple, faites comme si je racontais n’importe quoi) régulièrement je me mets sous le tilleul et j’allume la radio à un moment que mon intuition me dit que c’est le bon moment, et j’écoute une ou deux phrases, pas plus. Malgré ma répugnance pour cette radio, pour des raisons très culturelles, d’éducation. C’est toujours l’impression que ces quelques mots, au hasard, ne sont pas du hasard. Maman parle. Dieu sait pourtant qu’elle est morte. Elle m’adresse un message, directement.