Le mouvement pro-ana, ces jeunettes qui font l’apologie de l’anorexie, suscite dans notre ville une profonde incompréhension et une vive pitié. Mais Bondy, où on ne fait jamais rien comme les autres, a aussi son mouvement lié au poids de ces demoiselles : le mouvement pro-kefta. Les squelettes sur les podiums, les salades le midi, les tailles 38, les pro-kefta ne connaissent pas. Les idoles de la maigreur mourant de crise cardiaque au Brésil, un nombre croissant de nos consœurs bondynoises en condamnent le culte abject et proposent une nouvelle hygiène de vie.
Leur sanctuaire : le kebab du coin de la rue. Kefta, grec, merguez double fromage, « Chef ! Mets-moi beaucoup de frites ! », c’est la réponse de la gente féminine du cru (du moins une partie) aux régimes minceurs qui font les choux gras de la presse people à l’approche de l’été. Réunies entre copines, dans nos si pittoresques petites gargotes, nos « fromage girls » respirent la joie de vivre, c’est à celle qui rira le plus fort ou crachera le plus loin son bout d’oignon grillé coincé entre les dents.
Ne pas rentrer dans du 36 n’est pas un problème pour les pro-kefta grâce au jogging Tacchini ou au polo Brice qui mettent si bien en valeur leur formes, et moulent admirablement leurs déhanchés d’hippopotames dans la volupté féline d’un lion en train de digéré un ours. Les pro-kefta revendiquent les bienfaits d’une beauté naturelle, une beauté à l’état sauvage, la beauté d’une jungle en friche ou d’un marécage, un laisser-aller total en somme.
Les pro-kefta combattent les canons de la beauté, mais aussi les idées reçues : pourquoi une femme devrait-elle être soumise et effacée, alors que du fait de son régime alimentaire, elle a la capacité physique de mettre un gros coup de boule à son petit ami ? C’est Diam’s qui a montré le chemin dans « Confession nocturne », clip d’une violence inouïe, apportant une réponse radicale aux problèmes de couple en proposant aux femmes trompées de passer leurs nerfs sur la BMW du conjoint adultérin.
Le mouvement pro-kefta s’inscrit dans la mouvance du WWW (Wesh Wesh Woman), ces femmes qui crachent par terre, fument du shit, pissent debout et conduisent un camion. Un panzer en Lacoste qui drague le chaland de passage par un rentre-dedans aussi délicat qu’un Blitzkrieg (« T’as pas un 06 à filer à ma copine »). Les agences tous risques de la gente féminine qu’on envoie en première ligne à la moindre embrouille de cité.
Etre pro-kefta, c’est au final moins une question de poids et de physique que de comportement. C’est un garçon manqué qui fait peur, une bad girl qui se réunit au grec au lieu du salon de thé, qui a le parler d’un légionnaire en permission et vous menace d’une descente en cas de rupture.
Que choisir ? Peste ou cholera ? Pro-ana ou pro-kefta ? Sans hésiter pro-kefta. Un peu de rondeur ça n’a jamais fait de mal à personne, et une pro-kefta, une fois l’adolescence passée, troque généralement le jogging contre quelque chose d’un peu plus classe, une robe jaune ou un short de foot par exemple, pour plaire à son petit copain. Les années cailleras passent vite chez ces filles, et la plupart retrouvent un langage « sujet verbe complément », tout comme leurs vis-à-vis masculins au sortir des « tendres » années de l’adolescence.
Idir Hocini
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Il doit exister un juste milieu entre les squelettes sur pattes et les boudins informes que l’on rencontre de plus en plus. Dans les deux cas, cela revient à martyriser son corps et à imposer aux autres une vision qu’ils n’ont pas forcément envie d’avoir sous les yeux. J’aime les femmes femmes, un peu en chair, mais belles et élégantes. Mais les joggings, quelle horreur! Je préférerais coucher avec un mec plutôt que ce genre de bonne femme, c’est le rémède absolu au désir, avec elles libido en berne direct!
Je suis tout autant critique avec les hommes. Le summum c’est durant la belle saison, mama mia, tous aux abris, ils vont étaler sous nos yeux leur physique déplorable. De la fesse molle, au triple ventre, aux gigots de mamouth, j’en passe et des meilleurs. Il est pourtant si simple d’être agréable à regarder, cela demande un minimum d’effort.
Tant pis pour ceux qui s’offensent de mes propos, ils ne sont pas méchants, mais reflétent malheureusement la triste réalité.
J’adore cet article…
J’adore l’écriture, le style… j’adore ces filles dont tu parles aussi Idir… sauf que je ne suis pas si certaine que toi que » une fois l’adolescence passée, (elle) troque généralement le jogging contre quelque chose d’un peu plus classe, une robe jaune ou un short de foot par exemple, pour plaire à son petit copain. Les années cailleras passent vite chez ces filles, et la plupart retrouvent un langage « sujet verbe complément », tout comme leurs vis-à-vis masculins au sortir des « tendres » années de l’adolescence « .
En fait, tout ce que l’on vit, ce que l’on fait dans sa jeunesse, laisse des traces plus ou moins lisibles dans sa vie d’adulte. Et le langage dont tu parles, c’est souvent le passeport social qui va permettre l’accès à des tas de choses et notamment le 1er emploi… et puis vois-tu, d’autres traces sont laissés par le régime kefta-mcDo, ça s’appelle les kilos, et certaines filles ont la malchance d’en souffrir toute leur vie, en subissant leurs complexes qui peuvent aller jusqu’à la honte, le désespoir et le passage à l’acte, ou en se battant (parfois sans efficacité voire dangereusement) à coups de régime de toutes sortes… certaines anorexiques sont d’anciennes « rondes ».
Enfin, comment se fait-il que des jeunes filles en arrivent à avoir ce comportement de « mâle en rut » prêtes à batailler avec tout ce qui bouge ? Qu’est-ce qui fait les rapports filles/garçons en soient arrivés là ? Pourquoi à t-on besoin de cette inversion des sexes pour s’affirmer ? Voilà une question que je me pose…. et plus que la question, c’est bien sûr la solution qui m’intéresse !
Désolée Idir et bienvenue dans la réalité du monde. Pourtant, je te le jure, j’ai adoré ton article ! J’attends le prochain avec impatience…
Il y a eu par le passé dans le Bondy Blog un article (que je ne retrouve hélas pas) sur l’atmosphère pesante des cités, dans lesquelles s’exprimait tout le machisme des petits caïds qui contraignait notamment les couples à ne pas se prendre par la main ostensiblement, et les filles à baisser le regard lorsqu’elles passaient devant un de ces groupes de caïds pour éviter de se faire traiter de tous les noms.
Ajouté au fait que la religion devient un refuge identitaire au point que ces caïds contraignent les filles à porter le voile, quand elles ne le font pas d’elles-mêmes, pour se protéger.
Devant ce déni de la féminité, qui dans notre société peut aujourd’hui pourtant pleinement s’exprimer, ces filles pour éviter de devenir des fantômes soumis n’auraient finalement d’autre choix que de sortir de la cité en bossant dur à l’école et en décrochant un emploi, gage d’indépendance vis-à-vis de ce carcan culturel (cf également cet autre article du Bondy Blog, Clichy sous Bois ne mène nulle part, à condition de s’en sortir, où 2 jeunes filles sont fermement décidées à s’en sortir malgré le poids culturel http://20minutes.bondyblog.fr/news/clichy-sous-bois-ne-mene-nulle-part-a-condition-d-en-sortir ).
L’autre alternative, la voie de la facilité, étant de copier le comportement des caïds et de devenir des sortes de Diam’s, refoulant leur féminité qu’elles ne pourront affirmer tant qu’elles vivront dans cette atmosphère en adoptant les mêmes accoutrements ridicules ainsi que le verbiage vulgaire des caïds.
Cela dit, lorsque je prends le RER B en journée (puisque tôt le matin, les jeunes ne sont pas encore partis), à côté des caïds des cités, je vois de jeunes filles africaines et plus rarement maghrébines très féminines. Par contre, très peu de Diam’s; elles doivent peut-être stagner dans les cités.
Au forum des Halles ou à la Gare du Nord idem, pas mal de « wesh wesh boys », de jeunes filles maquillées. Mais point de « wesh wesh girls ». On les retrouve à Parinor..
Pour info http://20minutes.bondyblog.fr/news/tous-les-garcons-et-les-filles-de-mon-age-ne-se-promenent-pas-dans-la-rue-deux-par-deux
Juste pour information l’anorexie n’est pas une obsession de la minceur mais une réelle maladie, il y a une difference entre les minettes qui font des regimes betement pour ressembler aux mannequins des magazines et celles qui sont malades et qui d’une certaines facon subissent ces troubles de l’alimentation à cause de leur mal etre………………..
Faf la rage raconte ça très bien.
Plaisant à lire
Mais pourquoi cette photo de chien avec une baballe ?
Alors j’aime pas les filles maigres, mais tu peux toujours leur faire aimer la bonne cuisine, ca enlève pas qu’elles ont un comportement, un langage, une attitude féminine mais les meufs- Kebabs, faut pas abuser, c’est même pas des meufs, elles n’ont des meufs ni le physique ni le mental.
Ta meuf, c’est une caille, mec
Elle met des coups d’tête
Elle fume, elle boit, elle s’la pète
Elle est dingue, elle est raide, elle est pas nette
Elle met des balayettes, c’est une caille-ra
Ta meuf, c’est une caille, mec
Elle met des coups d’tête
Elle fume, elle boit, elle s’la pète
Elle est dingue, elle est raide, elle est pas nette
Elle met des balayettes, c’est une caille-ra
Sez,
j’ai pensé à cette chanson dés la deuxième ligne.
Ça faisait un bail Idir que je ne m’étais pas tapée des barres avec tes histoires, bien contente de ton retour parmi nous.
c’est vrai Lie, Idir manquait au bb. vraiment
Wèmsieur, la métèquerie est au complet et on les
emmerde..Vraiment de mieux en mieux, ici !
Excellent , Idir, excellent Idir,
comme d’hab.
mais je crois quil y a un peu de « wishful thinking » ( clin d’oeil à B .) dans votre plaidoyer .
Cette ode aux femmes-tachini à la langue rabelaisienne, elle n’empeche pas une pointe de regret, une demande discrete et subtile de feminité un peu plus assumée, deployée, epanouie, par ces bonnes vivantes sachant se defendre.
ah ce soir ch’uis poete , la poire du resto sans doute !
allez ch’ao . buenas noches a todos
Bien écrit, Idir, mais tellement masculin. Et des mecs kefta, il n’y en a pas ?
Et des jeunes qui ont subi Tchernobyl , il n’y en a pas non plus ? Personne ne parle des problèmes de thyroïde dans ce pays, alors que le Lévothyrox (TM) est le 3e médicament le plus vendu de France.
S’habiller, quand tu fais 100 kilos, se chausser, c’est dur. Trouver un mec encore plus. S’accepter et rire ensemble face aux exigences masculines est bien plus susceptible de t’aider à vivre.
Excellent… MDR !
C’est vrai, ce genre de filles on les trouve souvent dans ce genre d’endroits. Mc Do, kébab…etc.
elles ont dit non à la féminité, mais je pense que c’est un moyen de s’affirmer dans leur monde de macho (cité)
Te bile pas michto, c’est entre
métom and I.Apluce
yo, chiendlakass préféré, tu donnes dans la bd, on dirait….euh, franchement jte préfère dans l’analyse de texte !