Comment avez-vous appris la libération d’Ingrid Betancourt ? Un peu comme tout le monde. Mais une chose m’avait intrigué il y a une dizaine de jours : j’avais écouté un message que Juan-Carlos Lecompte avait laissé pour Ingrid, sa femme, sur la radio colombienne Caracol, et dans lequel il disait de manière énigmatique que de « bonnes nouvelles » se préparaient. Je crois que c’était en partie dû à Luis Eladio Pérez, cet ex-sénateur otage des FARC, devenu proche d’Ingrid Betancourt lors de sa captivité. À sa libération, un lien fort s’était créé avec Juan-Carlos et Yolanda, sa mère. Il était depuis en contact permanent avec le gouvernement colombien.
D’après les premières nouvelles dont nous disposons, il semblerait qu’Ingrid Betancourt soit en bonne santé. Pensez-vous que l’on va procéder à son rapatriement en France ?
Non. Sincèrement elle viendra en France. Mais je ne suis pas sûr que pour remercier le peuple, le gouvernement colombien qui a permis sa libération, elle décide de faire son premier geste politique d’importance en dehors de son pays. Je ne pense pas qu’il y aura de rapatriement : son mari, sa mère, ses amis sont là-bas. Ses enfants et sa sœur la rejoindront sans doute sous peu, avec certainement un avion mis à disposition par l’État français.
Fabrice Delloye, son ex-mari, a justement vivement remercié Nicolas Sarkozy et son gouvernement pour son aide. Pensez-vous que son action cette dernière année ait contribué à sa libération ?
Sincèrement ?
Oui…
Aucunement. Le gouvernement colombien a mené cette opération de main de maître, c’est tout.
Une opération militaire ?
La conférence de presse de Juan Manuel Santos, le ministre de la Défense, relevait à la fois de l’information et de la propagande. Il s’agirait en fait d’une opération d’infiltration et de manipulation qui aurait été menée par l’armée colombienne. Donc pas une offensive militaire, ou ce qu’on appelle une « libération par les armes ». C’est plus une opération d’intelligence militaire, voire de quasi de science-fiction.
C’est assurément une victoire pour le président colombien Alvaro Uribe.
Effectivement, et ça arrive à un moment extrêmement important pour lui. Il y a quelques jours, la Cour suprême colombienne a condamné la députée corrompue qui, grâce à sa voix, avait permis la révision de la constitution pour qu’Uribe puisse briguer un second mandat. De fait, Uribe se trouvait dans une situation très compliquée, sa réélection avait été entachée d’irrégularités et de corruption. Cet évènement arrive donc à un moment idéal pour lui : aujourd’hui tout le monde a envie de fêter la libération d’Ingrid.
Quel avenir pour les FARC, après la mort de Raul Reyes, le « ministre des affaires étrangères » de l’organisation et ce revers que constitue la libération d’Ingrid par l’armée colombienne ?
C’est à eux qu’il appartient de répondre, mais il est certain que c’est une défaite majeure pour eux s’il est en effet confirmé que c’est grâce à une manipulation d’envergure que la libération a été obtenue. Je pense qu’aujourd’hui, ils sont cernés, bien qu’il reste encore d’autres otages à libérer.
Avec la libération de la figure emblématique des otages en Colombie, pensez-vous que la mobilisation pour ceux qui sont encore aux mains des FARC sera la même ?
Sincèrement, j’espère mais je ne crois pas. Ca dépendra surtout d’Ingrid Betancourt et de la capacité qu’elle aura à reprendre le flambeau d’un combat qui a permis qu’elle reste en vie.
Propos recueillis par Romain Santamaria
*Sergio Coronado, « Ingrid », Paris, Fayard, 2008, 18 €.
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Je serais curieux de voir la réaction que vous auriez après avoir passé 6ans et demi dans la jungle, après avoir passé 6ans et demi à recevoir des « promesses » de la France à négocier sa libération, à receoir un « soutien » de quelques mois à l’occasion d’une opération qui ressemble plus à de la comm’ qu’à de l’action.
Elle vient d’être libérée, par les militaires colombiens, et probablement le tout orchestré directement par Uribe. Les journalistes se précipitent pour avoir les réactions à chaud.
Qu’est-ce qu’on attendait d’elle?
Qu’elle descende Uribe en flèche juste après sa libération?
Qu’elle encense les efforts de la France qui n’auront apparemment pas servi à grand chose (sil vraiment efforts il y a eu…)?
Qu’elle soit parfaitement au courant des tenants et aboutissants de toute l’histoire après avoir été captive 6ans et demi??
Qu’on la laisse respirer un peu, tout comme sa famille, et on pourra lui reposer la question plus tard.
Ceci étant dit, quel que soit le genre de personnage qu’elle soit, et quoi qu’elle dise maintenant sur la France, c’est une bonne chose qu’elle ait été libérée, on ne pouvait quand même pas lui souhaiter de rester prisionnière jusqu’à la mort!
Bon, je me réponds à moi-même et aux commentaires plus haut:
En fait, si on lit l’interview de Ingrid Bétancourt elle-même, elle serait plutôt dans une phase tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil.
Elle remercie en fait un peu tout le monde en France!
Et je maintiens que sa réaction à chaud n’est pas très intéressante, elle vient de passer 6ans et demi en captivité, et maintenant elle est libre!
Laissons-lui le temps de se rafraîchir un peu les idées, de récupérer, de se renseigner un peu plus sur toute l’histoire, et après on verra ce qu’elle pense.
comme ça fait plaisir d’entendre Ingrifd betancourt se felictier de la reelection d’Uribe, se feliciter quil soit president, se feliciter du capital que ce monsiuer represente pour tous les colombiens;
rappelons nous tous comment il a été décrié, ici meme, dans des articles du bondyblog, par certains gauchistes ;
décrié comme un horrible mechant, dénoncé comme un quasi fasciste , dénoncé par les gauchistes, décrit comme un soutien de milices paramilitaires, mis sur quasiment le meme pied que les farc par les journalistes gauchistes, dépeint comme le pendant d’extreme droite des farc d’extreme gauche, il n’est quer le president réélu et victorieux ce soir .
les pacifistes munichois ont eu tort ce soir. Ingrid remercie Dieu , l’Armée et la politique du president élu Uribe :
Le sabre, le goupillon et un homme politique de droite .