RUBRIQUE :  Politique

Bernard Laporte : « C’est dans les banlieues que réside l’énergie »

Mercredi 15 octobre 2008 | Posté par Wellé Koné |

Le secrétaire d’Etat aux sports, qui effectue un tour de France des associations en vue d’un projet de loi sur l’autonomie des jeunes, était hier soir l’invité de la rédaction du Bondy Blog, peu avant le match de foot France-Tunisie (auquel une partie des blogueurs a assisté). Il vante le modèle anglo-saxon du sport à l’école et veut faire des quartiers une priorité de son action. Le tout, avec 20 millions d’euros. VIDEO + AFTER DU MATCH DANS LE RER

Bernard Laporte, le ministre ex-sélectionneur, est en plein tour de France… des associations. Ni vélo entre les jambes, ni maillot à pois sur le dos. Juste un costume et une cravate bleu marine sur une chemise blanche. Et pas mal de men in blue comme lui l’accompagnant. Avant de franchir la ligne d’arrivée et de présenter un projet de loi sur l’ « autonomie des jeunes », il a décidé de faire halte au Bondy Blog, pour un spécial « face aux blogueurs ». 

Le secrétaire Etat aux sports a participé hier soir, en ouverture, si l’on peut dire, du match France-Tunisie, à notre réunion hebdomadaire de rédaction, dans nos locaux bondynois. Un de ses conseillers comptait les minutes, il ne s’agissait pas d’être en retard pour les hymnes au Stade de France. Mais Bernard Laporte était bavard, tout comme nous, un peu flattés quand même qu’un ministre nous fasse l’honneur de s’asseoir sur l’une de nos chaises glanées à la récup. Harry Roselmack, il y a quelques mois, était sorti indemne de la fosse des Bondy Blogueurs. Pour Bernard Laporte, à vous de juger. Interview.

La question de l’avenir des jeunes des quartiers est-elle importante pour vous ? Y voyez-vous une spécificité ?

Les problèmes que l’on rencontre dans le sport chez les jeunes des quartiers sont aussi présents dans le monde rural, mais à une moindre échelle, car il y a moins de monde. Un jeune du Cantal ou de l’Aveyron n’a pas accès à tous les sports. Pas plus que n’y a accès un jeune de banlieue. Nous nous intéressons à tous les milieux, mais nous avons des priorités et ces priorités, ce sont les quartiers et les banlieues. Je suis convaincu qu’en terme de sport, c’est là que réside l’énergie. Les jeunes ont besoin de réussir. De plus en plus de rugbymen viennent des quartiers. Tu t’épanouis dans un milieu même si tu n’as pas décidé d’y vivre.

Plus c’est dur, plus c’est sélectif…

Oui, le sport, c’est dur. On médiatise cinq personnes qui ont réussi, mais combien échouent ? L’énergie est dans les quartiers. C’est évident. Au début, on n’allait pas recruter dans les quartiers mais maintenant, on s’aperçoit qu’il y a des jeunes qui ont faim, prêts à s’entraîner dix heures par jour pour réussir. Mon secrétariat met des moyens et je suis convaincu que c’est là qu’on va repérer des jeunes, que ce soit dans l’athlétisme ou dans d’autres sports. Le problème dans les quartiers, c’est le football, non pas que j’ai quelque chose contre le foot. Tous veulent ressembler à Zidane. Le rugby a du mal à s’imposer dans ce milieu. Le football fait rêver parce que des jeunes comme Zidane s’en sont sortis. Pour une exception, dix mille autres resteront dans l’anonymat. Vouloir être l’unique, ce n’est pas facile. On ne peut pas vaincre le rêve. Je suis pour le développement d’infrastructures sportives dans les quartiers, avec des accompagnateurs, des formateurs, des éducateurs. S’il n’y a pas ça, on part dans le vide.

Avez-vous été sollicité dans le cadre du Plan banlieue ?

Nous avons été sollicités, mais je n’ai pas l’impression que le sport ait été énormément valorisé. Or, je dis que c’est là qu’il faut développer davantage le sport en lui accordant plus de moyens, car on en tirera des champions, des exemples et un certain dynamisme dans les quartiers. A Toulouse, j’ai vu des jeunes qui avaient l’énergie. Il faut mettre des moyens, les accompagner, créer des stades. Et nous les mettons, ces moyens. Une partie du CNDS, le Centre national pour le développement du sport, est réservé aux zones prioritaires.

Est-ce qu’on pourrait imaginer en France, chez les jeunes, comme aux Etats-Unis ou au Japon, le sport en club au niveau des structures scolaires. On n’appartiendrait plus à un club de la commune, mais à celui de son école.

En France, la culture du sport ne passe pas par l’école mais par le club. On s’initie d’abord à l’école et puis, si on a envie de jouer au tennis de table, au tennis ou de faire de la gym, à ce moment-là, on va dans un club. Chez les Anglo-Saxons, jusqu’à 19 ans, on ne peut pas jouer en équipe. On ne joue que pour son collège ou pour son lycée. Ce n’est que lorsqu’on est en senior qu’on peut intégrer une équipe. Pour moi, ce système à l’anglo-saxonne est beaucoup mieux que celui que nous connaissons. Pourquoi ? Parce que tout le monde passe à l’école. On y touche au sport automatiquement. Certains ne vont pas en club. Si on veut résoudre le problème du sport en France, cela passera par l’école.

Tout à l’heure, se jouera le match France-Tunisie. La Marseillaise sera-t-elle sifflée ?

On annonce 30 000 supporters tunisiens et je trouve ça fabuleux. Je suis fier que les Tunisiens applaudissent leur équipe car cela fait partie de leurs racines. Par contre, s’ils sifflent la Marseillaise, je quitterai le stade, je ne pourrai pas accepter qu’on siffle la Marseillaise (le secrétaire d’Etat ne quittera pas la tribune présidentielle malgré les huées d’une partie du public accompagnant la Marseillaise, ndlr). Si je jouais avec le maillot de l’équipe de France, j’irais voir les joueurs de l’équipe tunisienne et je leur dirais que leurs supporters ne me respectent pas car ils me sifflent. Je ne veux pas assister à ça. Et si j’étais joueur, je ne me mettrais pas en spectacle alors qu’on me siffle. Le sport est symbole de vertu. 

En tant que secrétaire d’Etat aux sports, avec un intérêt évident pour la jeunesse, comment comptez-vous mieux inclure la parole des jeunes dans vos initiatives prises dans toute la France ?

On ne peut pas faire une politique pour les jeunes si on ne les écoute pas. Pas seulement les jeunes de banlieue, tous les jeunes. Les écouter est une chose, les impliquer en est une autre. Dernièrement, j’étais au Conseil économique et social, je ne connaissais pas, j’ai découvert. C’est une institution que le gouvernement consulte en permanence. Toutes les familles sont regroupées au sein du CES, les artisans, les syndicats, les patrons… Mais sur ses 235 membres – de mémoire –, pas un n’a moins de 35 ans. Je ne dis pas qu’à 35 ans, on est vieux. Cela veut dire simplement dire que les jeunes ne sont pas représentés.

Que proposez-vous, alors ?

Je propose que l’on demande à chaque « famille » présente dans le CES d’inclure un certain nombre de jeunes, cela représentera une personne sur cinq dans chaque famille de profession. Si l’agriculture rencontre un problème, on pourra ainsi s’adresser aussi à de jeunes agriculteurs. Il faut mettre ce système en place. Le président de la République le souhaite aussi. 20% de la population française a entre 20 et 35 ans, il faut donc l’écouter. Et puis, on ne peut rien sans eux.

Vous faites un tour de France. Votre équipe et vous prenez des notes. Qu’allez-vous faire de tout cela ?

Nous allons faire une loi sur l’autonomie des jeunes. Je viens de faire une synthèse des problèmes majeurs auxquels ils sont confrontés. Le premier problème est le permis. Le président de la République nous a dit de faire en sorte que le permis soit moins cher et moins long à acquérir. La deuxième problématique relève de l’engagement des jeunes. Aujourd’hui, pour qu’il y ait du sport, de la culture, des associations, il faut que des gens s’en occupent. Il faut valoriser l’engagement des jeunes, dans le milieu associatif, dans le soutien scolaire, etc. Aller vers les autres et s’occuper des autres doit être valorisé. Le président le veut. Comment ? Si le jeune s’implique de cette façon et que, par ailleurs, il n’obtient que 9,5 de moyenne au bac, on peut lui donner le demi-point manquant par considération pour son engagement. S’il accorde du temps aux autres, alors il est valorisé. Pareil à l’université. Mais attention, pas de caricature. Si l’étudiant a 2 de moyenne, on ne va pas lui valider son année, bien sûr. En ce qui concerne les jeunes qui veulent partir à l’étranger, pourquoi ceux qui sont sortis du cursus lycéen ou universitaire ne bénéficieraient-ils pas d’aides ? Je voudrais qu’il y ait un équivalent d’Erasmus chez les jeunes qui ne sont pas étudiants.

Comment concrétiser cela ?

Par les réseaux. Il y a les directions départementales, les missions locales. L’important est de faire passer la loi. Il y a 4 millions d’euros à dépenser dans l’accompagnement éducatif. Les associations disposent de ce budget mais j’ai pu constater qu’il y avait un problème d’accompagnement des projets, qu’il faut résoudre. J’aimerais que cela devienne plus fonctionnel.

Votre dites que votre ministère a été sollicité pour le Plan banlieue mais concrètement, pour les années à venir, peut-on savoir ce qui est prévu dans le cadre de la jeunesse et des sports ?

Le CNDS dispose de 20 millions d’euros. Cette somme va aux quartiers dits sensibles et dans les banlieues. Nous construisons des équipements, des piscines, des terrains de jeux, des gymnases. Nous payons la formation des animateurs sportifs. J’ai envie de dire qu’il faut donner encore plus de moyens. Car pour moi, la richesse est là, dans le sport. Ces quartiers sont prioritaires, donc il faut leur accorder encore plus d’argent. Je dis aux fédérations de se développer dans les quartiers sensibles et d’aller chercher les jeunes dans les collèges et lycées pour se faire connaître.

Des jeunes s’inscrivent au STAPS, mais beaucoup, après cinq ans d’études, se retrouvent sans travail, faute de places disponibles. Que faire ?

Nous incitons les étudiants en STAPS à regarder les débouchés. Nous avons essayé de rouvrir le bout de l’entonnoir en leur proposant des alternatives, comme professeurs des écoles en sport dans le primaire, ou employés dans les conseils généraux.

Vous faites des propositions, mais le budget de l’Etat n’est pas extensible.

Nous disposons de 20 millions d’euros. Nous en avons dépensé 16, il en reste 4. Il y a également l’enveloppe du CNDS. Il faut être efficace et construire des équipements sportifs là où on en a le plus besoin.

Propos recueillis par la rédaction et retranscrits par Wellé Koné (avec la collaboration de Mehdi Meklat)

« Hé, Monsieur Laporte, Français et fier de l’être »


Bernard laporte au Bondy Blog
envoyé par Bondy_Blog

Chou Sin

L’after de France-Tunisie dans le RER

Ça chambre à mort dans le train. Mehdi, grand vainqueur !

Il est 23 heures, le match est fini depuis un moment et les (bien plus de) 30 000 supporters tunisiens et franco-tunisiens ont déserté le stade. Les joueurs de Domenech ont montré qu’ils en avaient encore sous le crampon. Dans le RER vers Paris Gare du Nord, grand hub de distribution de voyageurs vers les banlieues, certains jouent les prolongations. Un match improvisé, pas des moins intéressants, opposent trois équipes : des filles déchaînées représente la Tunisie, un groupe de garçons supportent la France, et Mehdi, 8 ans, futur Bondy Blogueur, incarne à lui seul la France, Marseille et tous les moins de 10 ans.

On refait le match : l’hymne tunisien hurlé par les filles pro-Tunisie, le charismatique Mehdi en ténor de la Marseillaise, remixée par les sifflements des demoiselles. 23h35, première mi-temps. C’est la Tunisie qui commence, drible, rebond, « pancake » comme s’exclame un jeune homme et buuuuuuut ! « Vive la Tunisie ! On n’a pas gagné ce soir, mais nous ne sommes pas de mauvais perdants. C’était le match de l’amitié, on repart fiers, nous au moins. » « Nous au moins » ? Insinuerait-elle, la petite ado, que les Français sont de mauvais gagnants ? C’est Domenech qui va être content ! « Bien sûr, on reste fiers nous, c’est bien beau de gagner, les Français, mais faut faire jouer de vrais Français aussi. »

« Vrais Français » ? Benzema, ce n’est pas un Français, alors ? Je n’y comprends plus rien, je me demande à quel match j‘ai assisté ce soir : Tunisie, Algérie, Marseille, France, Maroc… Tout devient confus, tout se mélange. Mais c’est là que la France se réveille : un jeune homme se lève : « Je crois que l’on n’a pas regardé le même match. Thierry Henry, tu connais, non ? Ben si mes souvenirs sont bons il a marqué deux buts ce soir contre TON pays, si, si ! Figure-toi qu’il avait le maillot de l’équipe de France à ce moment-là, pire encore, je crois même qu’il est français. »

23h43, deuxième mi-temps. La Tunisie est à terre : deux buts dans le foie. Va-t-elle se relever ? Un troisième but vient s’ajouter aux deux autres, œuvre du petit Mehdi. Vas-y Mehdi : « C’est nous les Marseillais… Aller la France », jolie composition qui intrigue les demoiselles.

Tunisie : Mais tu es de quelle origine, petit ?

France : Je suis français et algérien !

Tunisie : Ahhhhhh, et si c’était un match Algérie-France, tu serais pour qui ?

France : « Ben pour la France ! Par contre si c’est contre la Turquie, je suis pour la Turquie (Mehdi, en ce moment, vit sa période turque). Mais d’après ce que j‘entends, on dirait que personne n‘a gagné mais que tout le monde a perdu ?

Les demoiselles, éblouies par un tel discours, déclarent forfait : « C’est vrai, tu as raison, tu es un vrai supporter, toi ! », s’exclament-elle. Ainsi s’achève la bataille, sur les paroles sages d’un enfant.

Zineb Mirad

Wellé Koné

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Réactions des internautes

  1. signara dit :

    bonjour,
    Je suis auditrice au Cnam en M2 recherche de Psychodynamique du travail et je
    réalise une étude sur « le le parcours professionnel des femmes noires diplômées  en france. Je souhaite pouvoir rencontrer des personnes volontaires pour un entretien enregistré  d’une à deux heures ce printemps (mai)
    le profil recherché est celui de femmes noires d’origine africaine ou antillaise entre 25 et 45 ans , titulaires d’un bac + 3 et plus,
    avec ou sans experience professionnelle préalable
    je vous remercie d’avance de l’aide que vous pourrez m’apporter et m’engage à rendre anonymes toutes les informations personnelles qui me seront communiquées.
    si cela vous intéresse, je vous convierai à la soutenance de mon memoire en 2009

    merci d’avance de bien vouloir me contacter pour organiser un entretien

    bien cordialement
     

    signara

  2. romuald dit :

    Je suis convaincu que le sport, surtout le sport d’équipe, est une école de la vie. On doit se battre pour gagner sa place au sein d’une équipe, on peut acquérir de la confiance en soi, appliquer certaines valeurs comme le respect des autres, de l’autorité d’un coach et de sa discipline et des règles du sport; l’engagement de tous les instants, la solidarité face à l’échec, mais aussi la victoire et la joie qu’elle procure.

    Le sport, c’est avoir un objectif et se donner les moyens de réussir. Non non, je ne suis pas en train de refaire le discours d’investiture de l’UMP de Sarkozy fin 2004 (la réussite n’est pas un mot coupable etc; expression reprise par Royal en février 2008 lorsqu’elle déclarait qu’il fallait déculpabiliser la réussite).

    Mais si on ne donne pas à ces jeunes l’envie, le goût de réussir quelque chose, on les cantonnera aux lamentations, à la victimisation, au sentiment qu’ils ne sont capables de rien.
    Le sport valorise celui qui se donne la peine d’atteindre des objectifs qu’il se donne lui-même ou que déclame un coach.

    En outre, le sport permet d’évacuer le stress, le trop plein d’énergie mal canalisée.
    Et évite de trop prendre du bide, sauf pour les sportifs de haut niveau qui arrêtent d’un coup, vers 35 ans!

    Quant aux débiles ayant sifflé la Marseillaise, alors même que la chanteuse sélectionnée pour entonner notre hymne était elle-même d’origine tunisienne (tandis qu’Amina, qui chantait le très bel hymne tunisien, a représenté la France lors d’un Eurovision), que dire..
    A part qu’ils ne se rendent pas service à eux-mêmes, ni aux autres qui, comme eux, partagent la vie en banlieue.
    Heureusement, si l’hymne a été sifflé dès le départ, le refrain repris par un quasi stade a lui couvert ces sifflets débiles.

    Marie-Georges Buffet a déclaré que ces « sifflets étaient l’expression de gens en souffrance qui ne se sentent pas bien chez nous ». http://www.lexpress.fr/actualite/depeches/infojour/afp.asp?id=18940
    Perso, je ne les retiens pas.
    Plein soutien à toutes celles et ceux qui veulent s’en sortir, malgré les embûches encore trop nombreuses. Et toute ma pitié à celles et ceux qui ne savent que s’auto-détruire, et détruire les autres.

    • cocotte dit :

      J’aurais compris que Marie-George Buffet parle de  «  gens en souffrance, qui ne se sentent pas bien » « chez eux ».

      Cela aurait été plus juste, puisqu’il s’agit de françaises et de français.

      Dire cela aurait orienté dans un premier temps la pensée de celui qui lit ou entend, vers la prise de conscience d’un paradoxe, celui de « ne pas se sentir bien chez soi »……puis dans un deuxième temps, vers la pensée que, pour se sentir bien chez soi, on peut (il faut ?) agir sur son environnement immédiat, le modifier, bref, être acteur et créateur.

      Pour continuer sur la métaphore du « chez soi », ou de la maison, il faut, si on ne s’y sent pas bien :
          – enlever la poussière (la part du passé qui n’est plus et qui est morte),
          – bouger les meubles de place (bouger l’horizon de ses idées, influencer les rapports de force),
          – changer les couleurs (décider des objets de notre attention qui nous influencent),
          – aérer (évacuer les pensées négatives et faire entrer en soi la  pureté, la fraicheur)
          – puis s’aérer (aller vers les autres, se ressourcer dans la nature, voir le monde),

      ….pour avoir le plaisir ensuite de revenir et retrouver un « chez soi » qui nous repose, nous apaise, qui nous apporte de la sérénité, et enfin du bien-être.

      Or, Marie-George Buffet a parlé de « ces gens qui ne se sentent pas bien chez nous ».

      Cela donne immédiatement une vision de séparation, séparation entre « ces gens », et « chez nous ».
      Celui qui lit ou entend et qui s’identifie à ces « gens en souffrance », est donc de facto, dans une impossibilité d’action sur son environnement, puisque ce dernier ne lui appartient pas. La solution pour lui, ne peut être alors que rester passif vis-à-vis de cet environnement, en attendant que éventuellement, les autres, ceux qui sont dans « le nous », modifient le contenu de ce « nous » pour qu’ils s’y sentent, peut-être, « si Dieu le veut », un jour, bien.

      Plus qu’un lapsus révélateur, cette déclaration nous donne à voir sur l’entretien par une vieille classe politique (notamment du 93) d’une vision misérabiliste des populations immigrées, les victimisant à leur propres yeux, les enfermant ainsi dans la posture de celui qui subit, qui est passif, qui est tenu « à distance » par le reste du corps social, dont ils deviennent « les exclus ».

      Mes propos n’enlèvent rien aux situations réelles de souffrance, à l’exigence de devoir y répondre, et au respect, aussi, de ceux qui, parmi ceux qui vivent ces souffrances, choisissent de ne pas les dépasser encore.

      Mes propos n’enlèvent rien non plus au fait que l’environnement est en effet plus hostile ou difficile pour certains que pour d’autres….mais ils ont pour but d’expliquer qu’on peut changer son environnement ou changer d’environnement aussi si on le décide.

      Bravo au Bondy Blog, continuez surtout à être dans la plus grande idée de vous-même, et vous contribuerez ainsi à changer le monde.

      • cocotte dit :

        Oups, désolée, pour la faute d’orthographe reprise ci-dessous en souligné (c’est plus compréhensible ainsi corrigé !).

        ….
        Celui qui lit ou entend et qui s’identifie à ces « gens en souffrance », est donc de facto, dans une impossibilité d’action sur son environnement, puisque ce dernier ne lui appartient pas. La solution pour lui, ne peut être alors que rester passif vis-à-vis de cet environnement, en attendant que éventuellement, les autres, ceux qui sont dans « le nous », modifient le contenu de ce « nous » pour qu’il s’y sente, peut-être, « si Dieu le veut », un jour, bien.

  3. becassine dit :

    L’affaire des sifflets contre la Marseillaise et sa gestion par Bernard Laporte prend une tournure politique. Mercredi matin, le secrétaire d’Etat aux Sports avait fait la proposition suivante.  « Arrêtons d’être hypocrites, ne faisons plus ce genre de matches, tout simplement », avait-il déclaré sur RMC, « on va pas donner sans arrêt le bâton pour se faire battre. Ca, on n’a plus envie de le revivre, plus de matches contre l’Algérie, contre le Maroc, contre la Tunisie au Stade de France ». « N’organisons plus ce genre de match » a-t-il repris, « comme ça ce public sera privé de son équipe (…) On ne peut pas tolérer que nos joueurs français soient sifflés en permanence durant le match, que notre Marseillaise soit sifflée« . Bernard Laporte a précisé ensuite ses propos sur LCI en milieu de journée, considérant que ces matchs devaient évidemment continuer mais « qu »il fallait les délocaliser en province« . « Il ne faut pas stigmatiser (les pays du Maghreb) parce que ça peut arriver avec d’autres nations« , avait-il ajouté.
    http://tf1.lci.fr/infos/france/politique/0,,4124521,00-les-propos-de-laporte-provoquent-la-polemique-.html

  4. lepredicateur dit :

    Quand des skinheads insultent des joueurs de couleurs, on les retrouve et on les juges pour racisme. Quand en feras t’on autant avec ces supporter qui insultent notre hymne national.

    • marck dit :

      sifflés, insultes, corruption, magouilles, tout ça n’est pas nouveau dans ce sport roi qu’est le football. franchement, avec ce que nous vivons sur un plan économique, nos politiques feraient mieux de s’occuper des choses sérieuses….

      • farid dit :

        je vais souvent au stade pour suivre la ligue1. quelque soit le stade, les dégagements des gardiens de but sont toujours suivis d’un « enculé » collectif. c’est une tradition depuis des années. et personne ne s’offusque de cette pratique ! 

        • gib dit :

           C’est vrai que le foot n’est pas le sport collectif le plus faire play, que se soit les sifflets ou bien le respect de l’arbitrage, il y a du boulot à faire à ce niveau là, et c’est dans les petits clubs que cet apprentissage doit se faire, ils devraient prendre exemple sur la mentalité des rugbymen, ils se frottent sur le terrain, parfois assez violemment, mais jamais l’adversaire est irrespectueux.
          Pour l’intervention de B Laporte, rien à dire, je suis plutôt d’accord avec l’ensemble de ses propositions, faire des clubs « scolaires », pourquoi pas, cela amènerait sans doute une fierté d’appartenir à tel établissement, la culture de la gagne est toujours bonne à prendre, et c’est utile dans le monde du travail.

          • hugom dit :

             Accusé d’avoir insulté le milieu offensif de Marseille Mathieu Valbuena, l’entraîneur de l’Atlético, Javier Aguirre, n’aura pas non plus le droit d’assister aux deux prochains matchs de son club, contre Liverpool le 22 octobre et contre le PSV Eindhoven le 26 novembre.

             
            En plus de recevoir une amende de 150 000 euros, l’Atlético devra organiser ces deux rencontres à au moins 300 kilomètres de son stade. La troisième suspension dépendra du comportement du club et de ses supporters pendant les cinq prochaines années.
             
            Pour le porte-parole de l’UEFA, Williams Gaillard, interrogé par la chaîne de télévision britannique Sky Sports News:
             
                « Tout au long du match, on a entendu des chants dirigés contre les joueurs qui n’étaient pas blancs et il y a eu aussi des problèmes avec les supporters handicapés qui avaient acheté des places et qui n’ont pas été placés dans les zones prévues pour voir le match. »
          • doddie64 dit :

            Gib,

            Vivant dans le Sud-Ouest, je ne peux que vous approuver.

  5. zap dit :

    Il faut croire que la prise de conscience pernd peu à peu. un ministre du gouvernement vient jeter un oeil sur ce qui se passe en banlieue, sans tromptette et sans clairon médiatique, c’est un fait assez nouveau pour le signaler. comme les médias se passionnent uniquement pour les flammes, je me demande si cette rencontre sera prise comme un exemple à suivre. 

     

  6. real dit :

    je pense que bernard Laporte va se mettre à dos le monde scolaire et le monde sportif si’il va jusqu’au bout de sa logique anglo-saxonne. en France, on ne touche pas à certaines choses, l’école et le sport ne font pas bon ménage. d’ailleurs, on fait du sport quand on a échoué à l’école…

  7. kb dit :

    Cet article montre bien le QI exceptionnelement bas de ces « pseudo supporter siffleur d’hymne » qui ne viennent pas voir un match de foot mais juste montrer
    la fierté de leur pays. Mais d’ailleurs si un jour la france gagne une coupe du monde (je reve je sais!), je suppose que les »pseudos supporter siffleur d’hymne »
    n’iraient pas la féter avec les français…