19 h. Les trois grands coups ne sont pas tapés mais c’est pas grave, le spectacle commence. Chaque pays présentent quelques-uns de ses artistes et la diversité française ne passe pas inaperçue. Ici pas de réalisation à la Luhrmann (Roméo + Juliette) ou de mise en scène à la Presgurvic (la comédie musicale). C’est différent, c’est plus simple et c’est efficace. Le spectacle, qui s’incrit dans le cadre de l’année européenne du dialogue interculturel, mêle danse, chant et comédie en français mais aussi en italien ou encore en néerlandais. De plus, les différentes Juliette sont hongroises, italiennes ou encore françaises d’origine chinoise et il en est de même pour les Roméo. Leurs accents viennent s’ajouter aux dialogues et chansons : ce sont des « Et aprrrrrès…. » avec des « r » bien roulés ou encore des « Pour sé détrouiiiiiiire » qui viennent chanter à nos oreilles.
Ça ne dure qu’une heure mais on voudrait que ça continue encore et encore. Il ne reste plus qu’une chose après le standing ovation de 5 minutes et les doigts qui commencent à faire mal : rencontrer ces jeunes artistes en herbe. Malgré le « Non, je suis vraiment désolé, ça va pas être possible de rencontrer les jeunes avant ni même après le spectacle parce qu’ils sont en plein échauffement et qu’après ils filent directement à leur hôtel ! » du gentil jeune homme de l’accueil, nous arrivons à nous faufiler dans les coulisses grâce à Armelle Cornillon, la chorégraphe du spectacle.
Arrivées sur place, on se débrouille comme on peut : « Bonsoir, vous parlez français ? » / « Excusez-moi… » Le plupart ne gèrent pas notre langue ou très peu l’anglais, mais vite un homme vient à notre aide ! C’est le professeur de jeunes Hollandaises ayant participées au spectacle et il parle français. Il lance un gentil : « Elles ne parlent bien français que dans la pièce » avant de proposer de faire l’interprète pour nous.
Rania a 14 ans et est Hollandaise. On apprend grâce à notre traducteur de choc qu’elle n’a pas de mots pour décrire ce qu’elle ressent ce soir. « C’est vraiment merveilleux. La première fois que je monte sur scène… enfin on avait joué la pièce en Hollande mais c’est toujours aussi merveilleux ! Je n’ai pas de mots ». Hisran, 15 ans ajoute : « Plus tard, j’aimerais continuer mais surtout la danse, le street dance ! »
« Ça été proposé à plusieurs écoles européennes et on s’est portés volontaires. Cela fait un an que l’on travaille dessus », nous explique le professeur. Il nous explique ensuite la particularité de l’école où il enseigne. « Je ne trouve pas les mots pour expliquer mais… je dirais que ce sont des jeunes filles qui n’ont pas les mêmes capacités intellectuelles que les autres jeunes de leur âge. Elles ont entre 14 et 18 ans mais ont un âge mental de 6 ans. Elles sont dans une école spéciale. » Qui l’eut crû ? Devant nous, nous ne voyons que des jeunes filles pleines de vie et talentueuses.
Mais au fait, tant de personnes qui ne parlent pas la même langue, c’est pas trop difficile ? « Au début, c’était dur de communiquer avec eux, nous confie Sandra, 10 ans, mais après ça été ! »
En effet, on ne sent pas les différences de culture quand on les voit tous sur scène ! On croirait qu’ils ont toujours vécu les uns avec les autres et surtout qu’ils sont nés pour faire ce métier.
Ndembo Boueya et Zineb Mirad
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