Election présidentielle US : live from Harlem

BONDYMONDE, C'EST CHAUD mardi 6 novembre 2012

Par Mehdi et Badroudine

11:13 PM. Adam Clayton Avenue – Corinthian Church – Crise de joie à l’église : Barack Obama est élu 44ème président des États-Unis d’Amérique!

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10:44 PM. Lenox Avenue – Une odeur de pop-corn. Et des chips qui craquent. Et des jus, et des bières. Et cette lumière, comme si le film allait commencer. Et cet écran. Et ces sièges, dans lesquels on s’enfonce sans mal. Le cinéma Maysles Films diffuse, en direct, la soirée electorale de NBC. Et bientôt, dans l’obscurité, le film dévoilera sa fin.

9:46 AM. 125 Street – Le sénateur Perkins organise une soirée électorale  au quatrième étage de la tour State Building de Harlem. L’association des femmes africains pour Obama est là. Soudain, Obama prend l’avantage en Floride.

8:30 PM. La nuit, tant attendue. La nuit, d’habitude si furtive, va durer. A Harlem, les feux se brouillent au loin. Les voitures se précipitent. La nuit sera rouge, la nuit sera bleue. Harlem se prépare à veiller. Ses bars, ses églises, son cinéma seront suspendus à la télé. La nuit réserve son lot de larmes. Nuit blanche, nuit noire.

7:23 PMLenox Avenue / 122 Street – Un gymnase. Elle boit un thé. Elle attend pour voter. Beatrice dit : « J’ai grandit en Jamaïque  Là-bas, la participation oscille autour de 80 %. J’ai été surprise de voir, en arrivant ici, que les Américains participent beaucoup moins. Mais c’est vrai que le système électoral est à moderniser. Vous voyez toute cette pagaille, tous ces papiers. Tout ça décourage les gens d’aller voter. En plus, à cause de notre système électoral, l’élection ne se passe pas vraiment à New York. Les gens ont l’impression que leur vote ne compte pas. C’est un autre état, l’Ohio, qui va faire pencher la balance »

« Il y a 4 ans, je me suis mobilisé pour la campagne de Barack Obama. J’ai ouvert ma maison, mon salon était rempli de volontaires. A Harlem, dans les rues, les maisons, les églises, tout le monde s’investissait pour son élection, celle du premier Noir à la Maison Blanche. Mais cette année, s’il est élu, il n’y aura pas vraiment de moment historique. Il y a 4 ans, c’était historique. Cette année, ce sera normal »

« L’année dernière, j’ai eu la chance de visiter la Maison Blanche. En la visitant, j’ai vu la photo de la famille Obama, au milieu de ces autres familles présidentielles. Une famille noire à la Maison Blanche. Et de voir ça, ça m’a fait quelque chose. Surtout pour nos enfants. Plus tard, ils sauront qu’on peut être noir et président »

« En France, vous avez peut être un meilleur système électoral, mais vous n’êtes pas capables d’élire un président Noir »

5:10 PM. 230 West 131 Street – Voilà, à l’intérieur. L’antre. Comme le cœur du cœur de l’élection. Un bureau de vote. Et ce bordel magistral. Les feuilles s’envolent, d’un bureau à un autre. Les isoloirs sont en pagaille, mal ordonnés. La confidentialité est à deux doigts de s’effleurer. Tout le monde patiente, tout le monde s’énerve. Et les huissiers du bureau de vote se noient. « C’est un jour très chargé, il y a beaucoup de monde ». Avant de piquer : « Heureusement, on est payé. On fait pas ça bénévolement, on n’est pas en France, ici ». Le bureau est ouvert jusqu’à 9:00 PM.

4:16 PM. 2496 Frederik Douglass Boulevard – Denny est au fond du salon. Derrière un paravent, les doigts de pieds en éventail. Une employée astique. Il ne bronche pas. Il dit : « Je suis le leader du groupe les barbiers pour Obama. Mais j’ai peur. Avec Sandy, beaucoup s’en foutent du vote. Les gens pensent plus à trouver à manger qu’aux élections. En tout cas, il faut qu’Obama gagne. Obama, c’est pour les petites personnes, comme nous tous. Romney, c’est pour les puissants, les grands. Même si Obama n’a pas tenu toutes ses promesses. Personne, pas même Jésus, aurait pu tout régler en quatre ans ».

« On fera une fête au salon, ce soir. Venez »

2:50 PM. Adam Clayton Avenue / 121 street - Au sous-sol d’une église, une salle, quelques néons diluent une lumière froide. Deux dames ont les yeux rivés sur un iPad. « On est un syndicat qui réunit tous les employés de la ville de New York. Hôpitaux, écoles, espaces publics… ». Au fond de la salle, deux autres téléphonent. D’un portable à un autre, sans s’arrêter. « On répond aux appels des gens qui ont des problèmes pour voter. Les gens ne comprennent pas vraiment : comment voter ? Où voter ? Quels papiers ? C’est vrai que tout ça est compliqué ». Pour l’instant, aucune anormalité à déclarer.

1:59 PM. 125 street – Un mardi particulier, mais un mardi comme un autre. Où la vie suit son fil. Où le marché est installé, « comme tous les mardis, au même endroit ». Un bureau de vote s’est posé juste là. Les deux se font concurrence. Un vendeur de fruits : « Je cultive mes produits moi-même. Je travaille avec mes mains, mais je vote pas. La politique, c’est un showcase. Ils sont là avec leurs beaux habits, pour sortir de belles paroles. Mais ça reste vide ». Le soleil fait briller les tomates. Les carottes se battent dans les choux. Et une cliente fait le plein de vert : « On manque de bons produits à Harlem. Et même si c’est un peu plus cher, c’est important de bien se nourrir ». Elle promet : « Mais entre le marché et mon travail cet après-midi, j’irai voter ». Pendant ce temps, devant le bureau de vote, la file s’étend.

12:36 PM. Adam Clayton / 130 Street – Il y a les badges, et il y a le sien. Accroché à son manteau. Un rond bleu « Les femmes pour Obama ». Elle dit : « Avec Romney, on va souffrir. Nous, les femmes, il est clairement contre nous. Il est contre l’avortement. Il ne veut pas laisser les femmes décider, mais le gouvernement. Ce n’est pas au gouvernement de décider si l’on doit avorter ou pas. Mais c’est à nous

11:11 AM. Adam Clayton Avenue / 123 Street – Il n’y a presque aucun bruit. Même les  voitures semblent se glisser silencieusement. Et, au loin, des voix d’enfants. Leurs voix, si fortes, pour montrer la voie. Ils portent des tee-shirts jaunes, ils distribuent des flyers « On ne peut pas voter, mais vous si ». Ils croisent des indécis. Ils crient : « Votez pour Obama ou pour Romney, mais votez pour quelqu’un ». La maîtresse explique : « Notre mission, c’est d’encourager les gens à voter ». Et puis, ils retournent à l’école, silencieux. Comme si de rien n’était.

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9h32 AM. 430 West 130 Street – Nizingha : « Je suis arrivée au bureau de vote à 7h20. J’ai attendu deux heures à l’intérieur. C’était vraiment long et lent. Il n’y avait que deux machines électroniques pour voter. Beaucoup de personnes n’iront pas voter aujourd’hui, parce qu’ils vont à l’école ou qu’ ils travaillent. En tout cas, c’est bon, j’ai voté. C’est la première fois, j’ai 18 ans. Je me sens accomplie. Il y avait huit votes à faire en même temps. J’ai voté pour tous les Démocrates, que ce soit pour la présidence, le Sénat, le Congrès, la Cour Suprême… »

« Maintenant, j’ai cours à 11h30, ça va me prendre deux heures pour rejoindre mon école à Brooklyn. Et après  en fin de journée, je vais travailler. C’est une longue journée qui m’attend ».

7:32 AM. 435 West 141 Street – Une porte d’église, en bois, grinçante. Et un panneau « vote here ». La porte s’entrouvre. Une dame prévient, dès l’entrée : « Vous ne prenez aucune photo et vous ne parlez à personne ». Il est presque l’aube, et déjà tout le monde a les nerfs noués. Une agent de police monte sur une table : « Faites deux rangées, par ordre alphabétique. Une de A à R et de M à Z ». Enfin, elle supplie : « S’il vous plait, soyez patients, soyez patients ». Beaucoup de gens se sont déplacés, avant d’aller au travail, pour voter. A peine le temps d’admirer l’agitation, la même, à l’entrée, nous demande de « sortir ». Sur le trottoir, l’agent de police nous demande de « changer de trottoir, et ne pas rester sur le trottoir du bureau de vote, ni de parler à ceux qui en sortent ». Bonjour.

Les réactions des internautes

  1. mercredi 7 novembre 2012 08:09 agatha

    bon courage a lui; en tant que français ce ne sont pas nos oignons j etais aux USA en 2008 a New York les gens etaient en plein delire c etait tres bien malheureusement pour lui mr Obama a du boulot mais il n est pas le seul nous vivons dans un monde qui va tres mal avec des guerres un peu partout aucune solution pour la syrie, on l a un peu oublie le peuple syrien avec les elections americaines, en attendant des femmes et des enfants meurent tous les jours la bas c est une guerre civile , j espere juste qu Obama ne renvoiera pas son pays dans une nouvelle guerre qu il oeuvrera pour la paix apres tout il a obtenyu le prix nobel de cette paix que bien des gens par le monde souhait juste pour vivre normalement.......
  2. mercredi 7 novembre 2012 06:45 commandant minos

    Il y a quelque chose de malsain de toujours renvoyer Obama à sa couleur de peau. On n'élit pas quelqu'un parce qu'il est un homme ou une femme (au grand dam de Mme Royal qui en avait fait de son genre un argument de campagne), ni en fonction de sa religion, de ses origines, de sa couleur de peau.
    • mercredi 7 novembre 2012 14:16 luxus

      Je ne vois pas en quoi Obama serait plus noir que blanc .Cet homme né d'un père kenyan n'a pas cette culture d'autres kenyans de sa génération qui massacrent des albinos pour confectionner des grigris .Il est plutot de culture anglo saxonne et sa réussite le démontre parfaitement
    • mercredi 7 novembre 2012 12:01 blanche colombe

      d'accord avec vous surtout qu'il est métis ,né de mère blanche et de père noir quant à élire un président noir en France ,cela arrivera surement ,il y a déjà eu Gaston Monerville ,président du Sénat ,2 ème personnage de l'état à l'époque de de Gaulle je me répète mais les noirs en France en 1950 ,il n'y en avait pas beaucoup les métis comme Obama étaient souvent des enfants nés de pères noirs américains (après la guerre)et de mères françaises ma génération ne côtoyait pratiquement pas de noirs en 1970 (regardez les images de mai 1968)cela vous fera drôle de constater que les habitants de la France étaient pratiquement tous blancs ) ne soyez pas pressés ,les noirs américains ont débarqué en même temps que les blancs et il a fallu plus de 2 siècles
      • mercredi 7 novembre 2012 12:13 commandant Minos

        Blanche Colombe, vous évoquez la métropole, des "Noirs" il y en avait outre-mer.
        • mercredi 7 novembre 2012 13:27 blanche colombe

          bien sur Monerville était un élu de l'outre mer et c'est lui qui a mis en chantier la départementalisation des DOM ce que je veux dire ,c'est qu'actuellement la génération au pouvoir est encore celle de mai 68 elle se trouvait dans l'assemblée ,dans les entreprises où il n'y a pratiquement que des blancs cette génération va passer la main et c'est un bon signal mais je ne pense pas que la génération suivante qui va prendre le pouvoir sera aussi colorée que les banlieues il faut du temps au temps quand dans les maisons du 3 ème age ,ce ne seront plus les aides soignantes qui seront noires mais les résidents et si à ce moment là ,aucun noir ne pourra prétendre à la plus haute charge de l'état ,je dirais qu'il y a de la discrimination avant c'est encore un peu tôt
          • mercredi 7 novembre 2012 14:05 luxus

            Il est naturel ,il est juste que les WASP aient des égards envers les Afro Américains . Les premiers blancs ont débarqué sur le continent comme des pionniers . Venus des couches les plus pauvres ou les plus persécutées de l'Europe ,ils avaient payé leur billet de passage sur des rafiots infects où sévissait le plus souvent "la fièvre des bateaux ".Les Noirs ,eux ,ne demandaient qu"à continuer leur vie sous la coupe de leurs chefferies ,roitelets ,sorciers .en Afrique .C'est par violence qu'ils ont été amené dans les plantations . Le colonisateur en Afrique a eu plus de sagesse .Il a laissé les peuples en place .Les seuls noirs à venir en nombre en France étaient les tirailleurs engagés dans le service de la France .Ces afro maghrébins que nous croisons partout aujourd'hui sont arrivés de leur plein gré et meme contre notre gré . Nous ne sommes pas responsables d'eux. Nous leur devons rien .Au contraire ils nous doivent et beaucoup. Rien nous oblige en effet à leur accorder le bénéfice de notre système de protection sociale .Chez eux ,tout ce qui était français a été rejeté et parfois violemment .L'Histoire le dit .
    • mercredi 7 novembre 2012 09:19 luxus

      Ce qui aurait pesé le plus dans l'élection c'est le vote hispanique . Et ce sera davantage le cas demain . Il paraitrait q'un jeune hispanique atteint sa majorité et le droit de vote toutes les dix secondes .Avec leur faible natalité les Wasp dont les bobos disparaitront bientot du paysage politique sauf dans les petits endroits
  3. mardi 6 novembre 2012 20:33 alqaida

    medh(isant) et bradroudine ( jamais entendu un nom pareil) deux journaleux de pacotille qui confondent style et boursouflure, une chance inouie pour la france du journalisme. allah ou akbar et bondiblague, un vrai radeau qui méduse