UMP : les coulisses d’un duel

C'EST CHAUD, POLITIQUE Jeudi 8 novembre 2012

Par Kahina Mekdem

Les partisans de l’UMP devront bientôt désigner leur dirigeant. Le choix est simple : François Fillon ou Jean François Copé. Le soir du 18 novembre, la droite aura un nouveau patron. En attendant, les deux hommes se disputent un siège particulièrement confortable puisqu’il pourrait bien, en 2017, propulser le vainqueur du duel à l’Elysée.

Du François dans leurs prénoms – un patronyme de président décidément – les deux hommes partagent aussi un certain nombre de points communs. Durant leur débat télévisé assis autour du plateau « Des paroles et des actes » sur France 2, les deux candidats se sont exprimés posément, avec calme. Normal. Jean-François Copé a déclaré durant le débat : « François et moi faisons partie de la même famille. » Son adversaire a souri poliment.

Copé et Fillon ont fait une chose intelligente: ils se sont entendus, compris et complimentés,  sous le regard de millions de Français. Une bonne stratégie. Pourquoi voter pour un parti politique si les désaccords et une mauvaise entente toxique s’affichent avec trop de force entre ses leaders ?

En 2011, lors des primaires citoyennes du Parti Socialiste,  François Hollande, Martine Aubry, Ségolène Royal, Montebourg et les autres étaient un poil plus cache. Des petites phrases ont été sorties, voir quelques piques. Dans la famille socialiste, l’adage « L’union fait la force » avait été quelque peu oublié le temps d’une primaire.

Copé et Fillon semblent avoir la maxime en tête pour le moment et l’appliquent, en apparence tout du moins.  Leurs soutiens, et parmi eux d’anciens ministres, ne se privent pas  pour postillonner sur l’adversaire de leur champion. «Copé n’a jamais fait de reforme », affirme par exemple Valérie Pécresse, ancien ministre du Budget sous le gouvernement Fillon, et soutien actuel de l’ancien Premier ministre.

Frapper sur l’orientation, la pensée, ou les idées politiques de son adversaire se fait toujours avec une arme à double tranchant, quand celui à qui on veut porter le coup fait partie de la même famille politique. C’est comme dans la vraie vie : si les embrouilles de famille sont souvent les plus violentes, nul sur la place du marché ne doit les deviner.

Surtout que cette année l’UMP fête ses 10 ans, le 17 novembre prochain, la veille du scrutin. Une date symbolique qu’a choisie Jean-Louis Borloo comme jour de naissance de son nouveau parti, l’Union des démocrates indépendants. Une défaite électorale à digérer, un anniversaire à fêter et une nouvelle concurrence à gérer, les deux candidats doivent marcher sur des œufs pour faire la différence.

Heureusement la technologie aide à se démarquer sans trop montrer qu’on tapote sur l’adversaire. Jean-François Copé semble bien dans son temps, avec pas moins de 93.000 abonnés à son compte Twiiter, qu’il fournit généreusement de sa pensée, photos et autres vidéos. François Fillon n’a que 32.500 personnes qui le suivent mais le nombre de messages postés reste équivalent. Les tweets des deux candidats se ressemblent parfois comme deux gouttes de pluie : «Je veux saluer le courage, l’engagement, la passion de tous ceux qui ont tout donné pour #Sarkozy lors de la campagne », clamait Jean-François Copé. « Beaucoup de Français n’ont pas vu à quel point les mesures difficiles que nous prenions avec Nicolas Sarkozy étaient absolument nécessaires », affirmait l’ancien Premier ministre. Là aussi, aucune divergence affichée concernant l’héritage léguée par le vaincu de la dernière présidentielle. Les nombreux nostalgiques de Nicolas Sarkozy doivent être séduits.

Pour l’instant, François Fillon fait la course en tête. D’après les sondages 45% des Français souhaitent qu’il soit élu à la tête de l’UMP contre 11% pour son adversaire. Mais ce ne sont pas tous les Français qui voteront le 18 novembre, juste les militants du parti. C’est là tout l’espoir de Jean-François Copé.

L’ancien Premier ministre est favori, malheureusement il a pour l’instant d’autres soucis. Mercredi soir, il est entré à l’hôpital du Val-de-Grâce pour des souffrances liées à un calcul rénal. Mais son entourage promet qu’après un repos forcé, la course à la présidentielle de l’UMP reprendra dès le week-end prochain.

Kahina Mekdem

Les réactions des internautes

  1. Jeudi 8 novembre 2012 21:46 JN Tribolo

    Ledaron, lol, avoir du charisme ne sert à rien si on ne s'en sert pas pour passer aux actes! Qu'a t il fait pour la compétitivité française puisqu'on en est encore à se demander comment la remettre sur rails? Je ne regretterai jamais Sarko. Je préfère avoir à faire à des gens qui tentent même s'ils se plantent plutôt qu'à ceux qui parlent et ne font rien.
    • Vendredi 9 novembre 2012 08:08 ledaron

      JN,les gens qui tentent et passent aux actes pour survivre et améliorer leur vie sont nombreux,très nombreux.Ce sont les politiques qui ,par démagogie,disent qu'ils rasent gratis et que le monde de demain sera meilleur.Sarko n'est pas différent des autres,obnubiler par les sirènes du pouvoir ,il a frayer avec les décideurs économiques qui sont eux pour le coup,ignorants de ce que vivent l'immense majorité du peuple.Bilan : Pas mal de gages donnés aux plus nantis.L'inéquité et l'injustice sont les facteurs qui concourent au malaise ambiant.
  2. Jeudi 8 novembre 2012 16:12 Abdel

    les com meritent d'etre a la place de l'article surtout la tirade sur Sarko. un vrai talent et une vrai plume chapeau landreau Ton comm m'a bien fait rire
  3. Jeudi 8 novembre 2012 09:12 agatha

    d accord avec vous luxus, le peuple politique qu il soit de droite ou de gauche n a aucunement conscience de la vie que mene la population lambda, mais bon la politique ça rapporte
  4. Jeudi 8 novembre 2012 07:11 ledaron

    Le personnel politique français est,dans son immense majorité ,inféodé aux USA.,atlantisme,mondialisme et alignement idéologique sont leurs caractéristique et ce n'est pas la prochaine mise en application du projet ( étrangement discret) d'un marché transatlantique qui inversera la tendance,projet dont Pierre Hillard nous révélait les contours en 2007 dans son livre : La marche irresistible du nouvel ordre mondial", http://www.no-transat.be/
    • Jeudi 8 novembre 2012 07:39 luxus

      Tous ces élus sortis des grandes écoles ,des milieux de la haute finance sont comme des extra terrestres . Ils ignorent tout du peuple qu'ils gouvernent du haut de leurs certitude s. Le plus souvent ils n"ont aucune expérience de la 'vraie vie .Ils n'ont jamais tenu un comptoir ,désespéré devant un refus d"avance bancaire ,piétiné sur le quai d'une gare où le train n'arrive plus , subi les agressions de la rue ,vécu dans l'incertitude du lendemain,la recherche aléatoire d'un emploi . Nous sommes entre les mains de ces privilégiés. Et ils prétendent haut et fort etre nos représentants .
      • Jeudi 8 novembre 2012 22:49 ledaron

        Une caste de ploutocrate préside aux destin d'une nation,nation composée d'individus à qui l'on fait croire qu'un système "démocratique" leur permet de choisir leurs élus.Il s'avère que ces derniers sont formatés dans les mêmes institutions.Pour qui prend t-on le peuple ? Celui ci a t-il le personnel politique qu'il mérite ? Les privilèges n'ont jamais quittés les décideurs,qu'ils aient été nobles à une époque capitaine d'industrie aujourd'hui. Le paradis des riches est bati sur l'enfer des pauvres. Victor Hugo
      • Jeudi 8 novembre 2012 09:10 LANDREAU

        Vous avez quelque chose à proposer ? Peut-être des gens qui ne sortent pas des grandes écoles ? Ou bien comme ceux que nous avons qui pour certains en sortent, mais sont totalement nuls ? Nicolas SARKOZY ne sort d'aucune grande école, ses études pour devenir avocat, mais une intelligence que la nature lui a offerte et avec cela un charisme incontestable qui donne confiance à son entourage et à ses collaborateurs, ceux qui durant cinq années ont été le gouvernement que la France regrette maintenant lorsque l'on voit la clique en place, incompétents et pour certains qui sont passés par les tribunaux pour des affaires de détournements de biens, falsifications diverses et j'en passe sur de bien pires. Vivement le retournement de cette situation vers une direction normalement constituée.
        • Jeudi 8 novembre 2012 10:42 luxus

          quelques paysans ,commerçants ,ouvriers ,ingénieurs ,batisseurs députés au Parlement seraient en bonne place pour tempérer la fièvre des technocrates et l'irréalismes de certains ministres
  5. Jeudi 8 novembre 2012 06:04 luxus

    Gens de l'UMP ,gens du PS ou du Pc ,tous des loosers .Ils ont versé le pays dans la pauvreté ,l'insécurité ,l'indigence d'esprit ,la perte de tous les repères ,la négation de l'identité . Mieux vaut aller voir ailleurs .Il reste en France encore des électeurs qui ne sont pas inféodés à ces loosers récidivistes et complices .