Planète Cameroun

BONDYMONDE Dimanche 2 décembre 2012

Par j_joachim

Le séjour est planifié depuis  longtemps, on pourrait en déceler les moments clés. Première étape : se mettre à jour niveau vaccins et médicaments. Le paludisme sévit et toutes les eaux ne sont pas bonnes à boire. Mais l’eau de l’Ouest (le champagne) va couler à flot.

La deuxième étape consiste à faire les courses : il faut ramener les produits d’Occident : médicaments, insecticides, produits ménagers, plus les cadeaux… Beaucoup de produits sont importés et donc majorés par rapport à l’Europe, par exemple un baril de lessive à environ 7 euros ici est à environ 10 000 Francs CFA au pays, soit 15€. Concernant le pouvoir d’achat on est très vite millionnaire : 650 francs CFA équivalent à un euro, enfin le salaire mensuel moyen tourne à 120 000 CFA soit presque 200 euros.

Le billet d’avion, c’est l’étape 1: à cette période, difficile de trouver en dessous de 1 000 euros. Le plan de financement a commencé dès le début de l’année voire même avant. Les rendez-vous s’enchaînent pour le voyageur qui devra remettre les paquets de ceux qui ne reviennent pas cette année, impossible de négocier un kilo de plus à l’aéroport.

Six heures de vol plus tard, l’hiver a disparu. L’été débute dans l’hémisphère sud. Comme on est proche de l’Equateur, le soleil se couche vers 18h30 et se lève douze heures plus tard. Les familles se retrouvent dans la chaleur de l’aéroport surpeuplé. Mais au préalable il faut franchir les contrôles : présenter son carnet international de vaccination, puis son passeport. Au moment de l’arrivée, on constate que le semblant de discipline qui pouvait régner à Roissy est resté … à Roissy!  On est au coude à coude auprès du tapis à bagages, les valises, les sacs non conventionnels entourés de plastique, les caisses, les malles se succèdent.

Ultime contrôle avant de partir : la douane, tout le monde frémit sur les prélèvements intempestifs et puis on retrouve la famille et on se plonge dans la chaleur de la nuit et du trafic urbain pour rejoindre la maison.

La circulation est à l’image du pays : la plupart des voitures ne connaissent pas le contrôle technique, ornées de pneus lisses, de pare-brises plus ou moins défoncés,  les carrosseries à la peinture épistolaire noient quelques 4×4 flambant neufs, Mercedes et autres voitures de prestige impeccables. La marque de référence est Toyota car les pièces détachées sont plus  faciles à trouver. On repère quelques Peugeot par ci par là tout de même.

La conduite s’effectue au Klaxon : pour changer de direction, pour avancer dans les bouchons, pour interpeller les piétons qui traversent anarchiquement faute de feu rouge et de passage prévu à cet effet. Les axes principaux sont goudronnés, après, selon le quartier, cela peut changer et la piste de terre rouge ou de sable reprend ses droits. Le prix de l’essence fait envie, le Cameroun étant un pays producteur de pétrole, on se prend à rêver: moins d’un euro le litre d’essence !

Un crochet par la boulangerie et nous voici autour d’un ndolé. Un plat incontournable si ce n’est une référence ici. Il se compose d’une sorte d’épinards locaux finement hachés et agrémentés d’une sauce aux arachides pour accompagner de la viande ou des crevettes.

Après ce périple, écrasé par la chaleur, on ne résiste pas au sommeil. Bienvenu au Cameroun !

Juliette Joachim

Les réactions des internautes

  1. Mardi 4 décembre 2012 13:55 Xced

    Très bel article et je reconnais là quelqu'un qui fait sa blonde! lol Le rythme reste léger, le texte digeste et vraiment, l'auteure est restée le plus près de la réalité. N'en déplaise à ceux (celles) qui pensent le contraire!!!! lol et re- lol
  2. Dimanche 2 décembre 2012 09:07 hop HOPE

    Texte au rythme très dynamique, plein de vérités et qui m'a enchantée , merci
    • Dimanche 2 décembre 2012 11:15 blanche colombe

      je partage votre enthousiasme c'est un texte au ras de la terre ,il nous donne à voir ,il ne prend pas de recul ,il dit carrément ce qui existe,il n'enjolive pas ,il ne caricature pas ,il nous décrit c'est un texte" féminin" par excellence et j'apprécie beaucoup un texte "masculin " aurait été plus intellectuel ,il nous aurait décrit les restes du colonialisme (je caricature naturellement ) là en une simple description de la circulation :vieilles voitures ,pneus lisses ,toyota ,on a tout compris pas besoin d'explication ps/je me souviens d'un texte sur l'Egypte par la vision d'une jeune femme sur la société égyptienne et j'en avais appris beaucoup sur le pays et sur les relations hommes -femmes un homme peut aussi écrire un texte" féminin "et inversement ,il n'y a pas de sexisme dans ce que j'écris
      • Dimanche 2 décembre 2012 12:13 homer

        Masculin plus intellectuel, je rêve, si ça ce n'est pas du sexisme, au fait vous êtes un homme ou une femme ? je doute, vu notre époque. Trés bel article, sauf que le cliché pas de route, les pneus et j'en passe, on aurais pu éviter, la beauté des pays d'Afrique c'est le fait qu'ils ne sont pas industrialisés, et donc qu'ils ont pu protéger leur terre et leur culture EUX.
        • Dimanche 2 décembre 2012 14:39 blanche colombe

          homer si vous me permettez de vous mettre ce lien http://clio.revues.org/218
          • Dimanche 2 décembre 2012 22:34 blanche colombe

            homer , bien sur ,ce n'est peut être plus d'actualité et pourtant dans ce blog ,on peut faire constater encore cette différence d'approche je ne pense pas que cela a été gommé en 40 ans certains blogueurs hommes ont une écriture féminine,je ne dirais pas lesquels pour ne pas les compromettre et la semaine de Faïza ne peut être écrite que par une femme ,avouez le !
          • Dimanche 2 décembre 2012 20:45 homer

            bonsoir, trés bonne lecture mais c'est un texte (une étude, pas une confirmation) qui date de 1976, revisitée, Mme De Beauvoir! sans vous vexer nous sommes en 2013 bientôt, les mentalités on bien changées. Cordialement
        • Dimanche 2 décembre 2012 14:20 diego

          Eux ,ils n'ont pas connu d'immigration invasive .Les français là bas ;ce n'était que quelques milliers .Malgré l'immensité des étendues vides ,le camerounais émigre facilement . On en voit beaucoup chez nous en France