Le Salon du livre boudé par les parents ?

AMBIANCE, CULTURE Lundi 3 décembre 2012

Par Olufemi Ajayi

Si vous êtes un habitué de la ligne 9 du métro, vous avez sans doute déjà fait un bout de chemin avec une classe d’élèves, plus ou moins bruyants et accompagnés par des adultes pour visiter le Salon du livre et de la presse jeunesse. En avez-vous déjà entendu parlé ? Je suis parti là-bas pour la première fois l’an dernier et n’étais pas au fait de son existence auparavant, Ai-je vécu sur une autre planète durant une vingtaine d’années ? Non, toutes les personnes que j’ai rencontrées étaient d’accord sur un point : la médiatisation du salon est insuffisante. Par exemple Nicole trouve qu’on ne voit pas beaucoup d’affiches dans les rues.

Dans ce cas, comment les enfants ont-ils accès à ce genre d’événements ?  Principalement grâce aux sorties organisées par les établissements scolaires. Madame Germain est enseignante dans une classe primaire à Villeneuve-la-Garenne. C’est la première fois que les élèves qu’elle emmène se rendent ici. Ce n’est pas étonnant pour elle : « On vit dans un milieu assez défavorisé culturellement et du coup l’école a besoin de donner une impulsion. » Seuls les parents accompagnateurs discutent de ce genre de sortie avec les enseignants.

Monsieur Thircuir est professeur de français dans un collège du 19e arrondissement de Paris. Il livre un avis original par rapport à la médiatisation du salon : « Pour qu’il y ait un lien qui se fasse entre les écoles et les parents, il faut qu’il y ait des sorties. Surtout comme aujourd’hui pendant les premiers jours. Ça donne l’occasion aux parents de venir le weekend. Le lien peut se faire de cette manière. »

Pour quelles raisons des parents n’emmènent pas leurs enfants au Salon du livre ? Les avis divergent. Pour Nicole les parents sont plus préoccupés par la réussite scolaire de leur enfants que par la lecture-plaisir, objet du Salon du livre et de la presse jeunesse et volontiers délégué aux établissements scolaires, « et puis est-ce que les parents ont le temps lorsqu’ils n’ont que le weekend ? » Clémence, se veut plus psychologue : pour certains parents ayant « un vécu scolaire difficile, le livre ne représente pas quelque chose d’agréable. Du coup, ils n’ont pas forcément envie d’accompagner leurs enfants dans ce genre de salon. Je pense qu’il faut dire à ces parents qu’ils ont leur place dans l’accès à la culture pour leurs enfants. Que ce rôle n’est pas réservé à l’école. »

Même si les chances sont moins élevées que le mercredi ou le weekend, je finis par rencontrer un père qui est venu avec sa fille. Il s’appelle Constantin et vit en Belgique. C’est la première fois qu’il vient au Salon du livre, mais il a déjà emmené ses enfants dans d’autres salons de ce type. Constantin les a toujours poussé à se rendre aux manifestations culturelles destinées aux jeunes, ne les a jamais forcés. Un jour, ils ont pris l’initiative. Aujourd’hui sa fille cadette est étudiante en art-plastique et en BD. Elle a rendez-vous avec trois éditeurs…

Olufemi Ajayi

Les réactions des internautes

  1. Mercredi 5 décembre 2012 18:24 Sherazade93.over-blog.com

    Trop de monde ...difficil de circuler
  2. Mardi 4 décembre 2012 08:11 hop HOPE

    Les livres sont chers à l'achat et un enfant aimant lire n'en choisira pas qu'un seul volume Pourquoi ces évènements n'ont-ils pas lieu pendant les congés scolaires les élèves sont occupés à leurs leçons et devoirs les fins de semaine et ont aussi besoin de se délasser Depuis la province il faut un temps certain pour aller dans ces lieux et.. en revenir .. Aller à ces manifestations peut habituer l'enfant à être curieux et lui donner le goût de la recherche pour trouver le volume qui le satisfait
  3. Lundi 3 décembre 2012 21:56 katali

    J'y suis allée pour mes études et je ne vois pas l'interêt d'y emmener un enfant. Ca bouge il y a du monde c'est loin. Autant aller à pied dans la bibliothèque du quartier dans ce cas. Une réponse de parent...
  4. Lundi 3 décembre 2012 16:54 commandant minos

    "pour Nicole les parents sont plus préoccupés par la réussite scolaire de leur enfants que par la lecture-plaisir, objet du Salon du livre et de la presse jeunesse et volontiers délégué aux établissements scolaires" la réussite scolaire passe par la maîtrise de la lecture, qui s'acquiert par ... la lecture. Si vous voulez que vos enfants "réussissent" (ce qui ne veut pas dire gagner des millions), encouragez-les à lire. Mais leur mettre un téléphone tactile dans les mains, c'est malheureusement plus facile.
  5. Lundi 3 décembre 2012 13:41 blanche colombe

    les parents n'emmènent pas leurs enfants au salon du livre parce qu'ils n'en voient pas la nécessité,pour eux ,c'est un autre monde si je me reporte à 50 ans en arrière ,à une époque où l'école n'était obligatoire que jusqu'à 14 ans ,pour une très grande majorité de parents ,la lecture d'un livre était une perte de temps "va aider ton père à l'étable ,dans les champs ou à l'épicerie " était la remarque que l'on faisait à un enfant qui lisait ; il ne faut donc pas considérer que c'est le manque de médiatisation qui est le responsable ,il faut créer un besoin et cela ne se fait pas en un jour bon courage aux enseignants qui essayent de créer le besoin de lire chez leurs élèves . le jour où on volera des bouquins au lieu de smartphones sera à célébrer !
    • Lundi 3 décembre 2012 21:58 Cath

      "« va aider ton père à l’étable, dans les champs ou à l’épicerie » était la remarque que l’on faisait à un enfant qui lisait " A l'époque les enfants travaillaient auprès de leurs parents. Dans une ferme, il y a toujours du travail. Aujourd'hui les écrans ont pris trop de place au dépend du labeur ne serait-ce qu'intellectuel. Combien se débarrassent de leurs enfants en les mettant devant un écran, télévision, console de jeux ou ordinateur ?
    • Lundi 3 décembre 2012 16:56 commandant minos

      aujourd'hui la plupart des enfants vont au collège mais la curiosité intellectuelle n'a malheureusement pas suivi la massification de l'enseignement.