Le « Grand Paris » en chantier théorique

C'EST CHAUD mercredi 26 décembre 2012

Par Hana Ferroudj

Créé en 2009, le syndicat du Grand Paris Métropole a pour objectif de faire travailler ensemble les élus, en partenariat avec les acteurs sociaux-économiques, le milieu associatif, mais aussi des experts (philosophe, architectes) pour ouvrir le débat et mettre en place des perspectives d’actions sur les enjeux de ce grand chantier. Ce sont donc 203 collectivités locales (communes, intercommunalités, départements et région) qui réfléchissent ensemble pour créer une métropole plus humaine et égalitaire. L’idée est de fédérer les collectivités locales et de coopérer sur des projets communs.

L’originalité du Grand Paris est d’avoir voulu associer depuis le début les habitants au projet. C’est à l’occasion d’une vingtaine de débats publics, organisés dans plusieurs villes de la métropole d’octobre à novembre 2012, que les citoyens ont pu s’exprimer en donnant leurs visions sur le Grand Paris de demain. Grâce à ces débats, une vidéo a été réalisée, qui a permis d’extraire les grands thèmes sur lesquels les élus doivent plancher en priorité.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, habitants et élus ont dressé un état des lieux des problèmes qui touchent actuellement les territoires de la métropole : inégalités de richesses, insuffisance des moyens de transport dans certaines communes, manque de logements considérable, et pas seulement en banlieue. Bertrand Delanoë l’a souligné dans son intervention : « Paris aura 20 % de logements sociaux dans un an. La question est donc de savoir si les politiques communes à la métropole vont suivre et permettre d’avoir de la diversité et de la mixité dans ces logements sociaux. Je souhaite que nous puissions disposer de pouvoirs réels et efficaces sur la métropole en terme de logement. »

Autre thème majeur, la création d’emplois. Il est essentiel d’aider les entreprises à se développer sur l’ensemble de Paris et de sa banlieue, comme le souligne un citoyen : « On ne peut pas parler de métropole si l’essentiel des investissements se font uniquement sur Paris. » Beaucoup d’espoirs se fondent sur le Grand Paris Express, qui permettra de désenclaver certaines lignes de métro et de desservir des communes manquant de transports. Sur la question du prix des Pass Navigo, il faudrait trouver des solutions pour baisser les montants, surtout pour les étudiants ayant peu de moyens et qui sont obligés de payer des prix exorbitants pour se déplacer.

Dans le film projeté, certains habitants estiment que le projet du Grand Paris Métropole représentera le dépassement des frontières et permettra de décloisonner les départements. Une citoyenne le souligne : « On parle de banlieusards, mais moi je n’appartiens pas à ce qualificatif. L’Île-de-France compte plusieurs milliers d’habitants : pourquoi les empêcher de devenir Parisiens ? »

Une habitante de Montfermeil attire l’attention des élus sur le nécessaire décloisonnement des villes « pour permettre aux jeunes d’accéder à tout ce qui concerne la culture, l’enseignement, la santé… C’est la première fois que je participe à un débat de démocratie participative, donc je salue cet élan », conclut-elle.

Patrick Braouezec note que « certains mots sont revenus en force : le décloisonnement, la place des jeunes, la question de l’image, l’écologie, les transports… » Ce qui a émergé dans le débat public est l’attachement à la commune. Pour lui, la grande question qui est posé aux élus et aux habitants, c’est de savoir « comment vont être créées des intercommunalités solidaires en partant des dynamiques des territoires ».

Autres question traitée, la gouvernance : un sujet complexe sur lequel les citoyens se posent pas mal de questions. Notamment pour savoir quelles seront les nouvelles institutions mises en place. L’un des habitants interrogés dans le film a donné son opinion en imaginant ce que devraient faire les élus : « Pour moi, cela devrait être un collectif de tous les maires qui se rassemblent, une sorte de G20 qui décide de ce qu’ils devront faire ». D’autres habitants voudraient que ceux qui géreront la métropole prennent toujours en considération leurs avis. Les habitants veulent s’impliquer davantage dans cette gouvernance en étant consultés régulièrement, mais sans être les décisionnaires.

Comme les élus l’ont constaté, les inquiétudes sont aussi fortes que les attentes. Certains citoyens voudraient garder l’appartenance à leur villes, d’autres craignent que la banlieue soit encore plus ghettoïsée. Au niveau scolaire, les jeunes pourront-ils enfin faire leurs études à Paris sachant qu’il y a aujourd’hui des discriminations qui empêchent une réelle égalité des chances ?

Selon Patrick Braouezec, « le pôle métropolitain sera s’en doute construit fin 2015 ou 2016 ». Une question toutefois n’a pas été abordée ce soir : le montant que cela va coûter aux citoyens.

Après l’étape du débat franchi, le syndicat du Grand Paris Métropole va transmettre cette restitution au gouvernement. Ce dernier pourra établir une proposition de loi au courant de l’année 2013 à l’aide du débat de ce soir.

Hana Ferroudj

Les réactions des internautes

  1. lundi 31 décembre 2012 10:29 BZH

    C'est pas une idée de Sarko ça ??? Si c'est la cas ça va passer à la trappe
  2. samedi 29 décembre 2012 08:44 kervarc'h

    Les autres régions doivent bénéficier d'investissements (des milliards) ,pour une fois ,avant le projet du "gross Paris". Anormal que auvergne, bourgogne, midi-pyrènnés...ne soit pas prioritaire. Depuis longtemps l'île-de-france pompe tout les crédits de l'Etat. Ca suffit. 80% du budget culturel pour 5% du territoire..déjà pour Paris..écoeurant. Y'en a marre de cette France-Parisienne là.
  3. vendredi 28 décembre 2012 17:29 Parisien de Paris

    La présence dans cette réunion de Delanoé qui ne fait que bunkeriser Paris en en empêchant l'accès autrement qu'à vélo ou en transport urbain est surréaliste. Jamais les fortifs de 1840 (périph et maréchaux) n'ont constitué une telle barrière. La première chose pour en finir avec cet apartheid est d'étendre le concept de "ville de Paris" à toute la zone construite (tout le 75+92+93+94 plus partie du 78+95+91) c'est ce qu' on fait les rois de France (Charles V au 14e siècle, Charles VII au 15e, Louis XIV au 17e , Louis XVI au 18e siècle ) puis Napoléon III en 1860, ensuite plus rien... Quant au Paris Delanoèsque, il disparait, chaque arrondissement devenant commune et reprenant son nom (Popincourt, Belleville, Reuilly...). et tous les moyens de la ville de Paris sont transférés au Grand Paris. Quant à Delanoé, il peut aller se faire voir ailleurs, il n'a jamais rien compris à tout ça, le chef des bobos !
  4. jeudi 27 décembre 2012 22:37 Alain

    Si on intègre Paris à sa banlieue, les bobos du XIIe, au contact des "jeunes" du 93, ne risquent-ils pas de "faire l'amalgame", voire de "stigmatiser" ?
  5. mercredi 26 décembre 2012 19:34 bonjordan

    hiii
  6. mercredi 26 décembre 2012 14:58 Hélios

    Oh que je suis content bien que n'étant qu'à 18 kms de Paris d'être en dehors des chantiers et du plan du grand merdier. Tant mieux si ma commune conserve son caractère rural sans bâtiments et peu de transports en commun. Parfois pour être tranquille il vaut mieux être isolés tout en étant proches de la capitale.
  7. mercredi 26 décembre 2012 09:49 opak

    Et les intercos ne servant théoriquement qu a pallier l absence de gouvernance globale elles devraient donc etre egalement supprimées.On empile les couches et diluent les responsabilités mais le syndicat Paris Metropole compte encore rajouter un echelon sans rien supprimer! On se demande pourquoi toutes les autres metropoles internationales arrivent a se gerer sous structure unique et nous non. Trop de politique,trop d'administration,trop d egoisme
  8. mercredi 26 décembre 2012 09:41 opak

    Que du blabla Tout le monde sait ce qui est le bon sens : supprimer tous les départements d'IDF (ou seulement ceux de la couronne)et constituer un GP a gouvernance unique de Versailles a Chelles, de Roissy a Viry Chatillon ,avec un conseil métropolitain de maires d arrondissements-quartiers et un maire élu au suffrage universel direct la Région s occupera des zones autour de ce GP pour équilibrer . Mais en France chacun lutte pour sa paroisse et non l interet général,le millefeuille beaucoup en tire bénéfice sauf le contribuable
  9. mercredi 26 décembre 2012 09:40 hop HOPE

    Lecture interssante mais il m'a manqué une info importante les limites géographiques concernées Toute l'ILE de France? Donc ce seraient les départements qui "fondraient" au profit du dénominatif Grand Paris Metropole Les Préfectures , Palais de Justice et tous les organismes y afférants seront-ils dissouts au profit de quoi d'autre Une recentralisation dans la capitale ? Si je ne suis pas dans l'erreur quels magmas en perspective à tous niveaux dossiers mulipliés par ...fonctionnaires multipliés par ...travaillant en un même lieu L'arrivée et le départ de ces personnes représentera une foule aussi compacte que la sortie des bureaux à La Défense ! La possibilité d'y accéder , de se garer pour tous y compris les citoyens lambdas et surtout ....tous les invalides incapables de prendre les transports en commun Les hopitaux est-il exact "qu'ils" vont les recentraliser un maximum à ce niveau Plus grands , plus spécialisés et ...moins nombreux QUELLES entreprises seront "désirées " en ce lieu Cette information suscite en moi des MILLIERS de questions Le "chamboulement " entraine (selon mon vécu ) toujours un MAXIMUM de contraintes et de contre-temps pour le citoyen le temps de la" mise en place " S'il vous plait les rélisateurs de ce projet ; gardez les pieds rivés au sol pas d'idéalisme chimérique pensez au "quotidien" des individus ayant peu de moyens pécuniers même transitoirement Arrêtez de "secouer le tamis" pour toujours ne prendre en compte que la personne jeune disposant pleinement de moyens pécuniers et de ses moyens physiques Pévoir le pire en espérant le meilleur devrait être votre devise dans cette entreprise
    • dimanche 30 décembre 2012 03:07 Fabe

      Ras-le-bol de l'isolationnisme de ce Paris intra-muros qui ne veut plus rien dire (2 millions d'habitants sur les 11 millions que compte l'Ile de France!) Les égoismes locaux des petits chefaillons que sont les maires et conseillers généraux de la petite couronne, à commencer par Delanoë, font que Paris n'a pas progressé ni intégré de surfaces ou de populations depuis 1860. Ce non-sens, unique en son genre pour une grande capitale de rayonnement mondial, est également symptomatique d'une frilosité, doublé d'un clientélisme somme toute très franco-français... A quand un VRAI grand-Paris (75-92-93-94 et quelques villes du 78 et du 95) qui serait une véritable simplification tant politique qu'économique? Les parisiens (je me considère comme un parisien du 92) ont besoin de projet plus concrets et réalistes qu'un hypothétique super-métro dont on ne verra jamais la couleur... pour raisons budgétaires, cela va de soi!