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Chronologie d'un drame, questions sur une explosion
Mercredi 31/10/2007 | Posté par Axel Ardes |
Axel Ardes et Chou Sin ont suivi l'après-explosion de bout en bout. S'appuyant sur des témoignages et des déclarations officielles, ils tentent de reconstituer les circonstances de l'accident. TEXTE, AUDIO ET VIDEO
Mardi 30 octobre, aux environs de 13h40. Un tractopelle de la société de travaux publics Bourgeois heurte un tuyau principal de gaz. Selon Foued, qui se trouve à l'intérieur de la brasserie L'Etoile du Centre peu de temps avant l'explosion, l’odeur devient très rapidement irrespirable, les passants couvrent leur bouche et leur nez comme ils le peuvent. Foued raconte qu'un ouvrier rentre dans la brasserie et demande aux clients d’éteindre leurs cigarettes. Amel, une femme qui se trouve, elle, à une dizaine de mètres de la brasserie, dehors, dit voir une scène semblable, mais à l'extérieur de L'Etoile du Centre. Foued et Amel parlent peut-être de la même personne. Qu’est-ce qui provoque l’explosion ? L’enquête devra répondre à cette question mais certains éléments suscitent l’interrogation. Amel signale ainsi qu’au moins un ouvrier continue à travailler sur le chantier tandis que des clients de la brasserie, comme Foued, sortent au plus vite. Ceux-ci seront saufs.
13h51. Le service des pompiers reçoit les premiers appels. Mais il est déjà trop tard. L’explosion a lieu quelques minutes plus tard.
13h51 à 13h55. Toufik Sourhou, un ouvrier travaillant dans un bâtiment situé à proximité, est témoin du drame. Dans la vidéo qu’il a filmée et que j’ai pu regarder, on voit les pompiers qui arrivent. C'est le début de la lutte contre l’incendie. Au total 150 sapeurs-pompiers et 42 engins, dont six lances à incendie, participent à la lutte contre l'incendie et au secours des victimes dans le cadre du plan rouge.
Aux environs de 14 heures la décision est prise par le médecin en chef qui centralise les secours d’installer un poste avancé dans le Monoprix tout proche. C’est là que tous les blessés sont soignés et réconfortés. Des proches interrogés décrivent des gens en état de choc. La police commence à interroger les blessés en attente d'évacuation.
Aux environs de 15 heures, j’arrive sur les lieux en étant obligé de faire de grands détours. Des cordons de police sont déjà installés et empêchent les badauds d’avancer sur l’avenue Jules Guesde et l’avenue Polissard. En passant par la rue Arthur Rambuteau, je parviens à dépasser le premier cordon de sécurité qui se trouve au croisement de la RN3. Puis, en rentrant dans la cité De-Lattre-de-Tassigny par une rue située juste avant le second cordon, je parviens à le dépasser. Au bout de la cité, des immeubles sont en construction. Une palissade bloque l’accès. Mais un trou dans celle-ci permet de rentrer dans un immeuble. Je monte un étage : je vois un brasier énorme. Une flamme, comme un chalumeau lèche la façade gauche d’un immeuble en forme d’angle. C’est aussi dans cet immeuble non évacué que je rencontre Toufik Sourhou. Il y est depuis le matin. Il me raconte ce qu’il a vu. C’est de cet observatoire que je prendrai toutes les photos que j’ai envoyées sur le blog par la suite.
On ressent à ce moment une certaine inquiétude. Le feu est loin d’être sous contrôle. Pour preuve, Jean-Claude Gallet, colonel des pompiers et chef de l’opération, affirme : "Il y avait un risque important aujourd’hui, on a frôlé une plus forte explosion encore pendant une heure. On a dû aussi se glisser derrière la torchère (flamme soufflante de plusieurs mètres provenant de la conduite de gaz) pour tenter d’évacuer d’éventuels blessés. Cela a vraiment été une opération difficile."
Entre 15h30 et 16 heures, le gaz est coupé; des gaz résiduels continuent à brûler. J'aperçois Michel-Alliot Marie, la ministre de l'Intérieur. Je descends de l’immeuble pour prendre des informations complémentaires sur le bilan et interroger la ministre. Elle indique qu’elle a appris la nouvelle alors qu’elle était en route vers à l’Assemblée nationale. J’entends un Hélicoptère. C'est le premier ministre, François Fillon, qui arrive. Il serre des mains aux pompiers et personnels de secours. Arrivé plus tard à Bondy, il en repartira plus tôt. Au total sa visite durera 30 minutes.
Aux environs de 16h30 le feu est circonscrit, d’après le porte-parole de la Brigade des sapeurs pompiers de Paris (BSSP). Les blessés graves ont été conduits dans les hôpitaux parisiens de Cochin et de Saint-Antoine et à l'hôpital militaire de Percy à Clamart (Hauts-de-Seine), spécialisé dans le traitement des grands brûlés, ajoute-t-il. Des victimes sont encore évacuées que déjà des journalistes présents s’interrogent sur les questions à poser plus tard en conférence de presse. Comment un tractopelle a pu atteindre et perforé le tuyau de gaz alors que des procédures sont mises en place pour empêcher ces accidents ? Cet incident est d’autant plus rageant que durant les vacances d'été, un autre accident avait pareillement touché une canalisation de gaz dans la rue Marguerite à Bondy. Sans faire de victimes.
La société de travaux publics Bourgeois, sollicitée, n’a pas voulu ou n’a pas eu le temps de répondre à ces questions et notamment à celles concernant les procédures dans le cas de fuites de gaz. Selon Gilbert Roger, le maire, cette société travaillait pour "le Conseil général de Seine-Saint-Denis mais en coordination avec les services de la mairie". Quelle est dans ce cas l'administration responsable ? En attendant, selon le bilan officiel fourni par la mairie dans une note interne, il y a "1 personne décédée, 47 personnes blessées dont 10 dans un état grave, 4 dont le pronostic vital est très réservé, dont 1 pour laquelle le pronostic est engagé". Mais surtout, la même note affirme : "Le bilan reste provisoire (….) trois personnes se sont manifestées (…) faisant état de l’absence de trois de leurs proches qui devaient se rendre dans le secteur du bar restaurant". L'enquête a commencé, le deuil aussi.
20minutes.bondyblog.fr/files//TEMOIGNAGE.mp3
Axel Ardes
Gilbert Roger, le maire: "Les chiens sont passés, mais il y a un doute"
Chou Sin
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Réactions des internautes
Jeudi 1 Novembre 2007, 00:29
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On a juste besoin de sourires, d'amitié, et ça marche
Pourquoi diable le maire de Bondy éprouve-t-il le besoin de faire de la polémique politique à la fin de son intervention, un déclarant: "Voyez, dans ces quartiers que l'on dit insécures (sic), on n'a pas besoin de drones, on a besoin de sourires, d'amitié, et ça marche"?Ben, OK, m'sieur Roger. On va vous prendre au mot.
Y'a pas besoin de "moyens supplémentaires".
Y'a pas besoin d' "une véritable politique de la ville".
Y'a pas besoin de "lois contre la discrimination".
Y'a pas besoin d' "une vigoureuse politique de logement social".
Y'a pas besoin de "taxer les super-profits des multinationales".
Y' a pas besoin d' "un effort sans précédent en faveur de la justice sociale".
Y'a pas besoin d' "une politique citoyenne de prévention de la délinquance".
Y'a juste besoin de sourires, d'amitié, et ça marche.
Coooool, man! Fais tourner le joint... Sympa, le socialisme! Facile, la politique!
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Jeudi 1 Novembre 2007, 03:51
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← Re: On a juste besoin de sourires, d'amitié, et ça marche
le discours bien paternaliste du maire sur les quartiers populaires est plutôt comique car le centre-ville est en plien processus de gentrification avec l'installation d'une classe moyenne quitant Paris pour trouver des prix immobiliers plus attractifs ,et je pense que ces gens là ont davantage besoin d'un bon gestionnaire que d'un petit père des peuples, ne serais ce pour éviter d'engloutir l'avantage immobilier en fiscalité locale
quand à l'amitié elle n'étaitt pas présente chez certains menbres des forces de l'ordre qui eurent une facheuse tendance à s'adrresser à la population d'une manière qui ne prète pas franchement aux sourires
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Jeudi 1 Novembre 2007, 19:03
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suite des infos sur le terrible drame de Bondy
- il y a vraiment plein de zones d'ombres et de négligences quant à savoir s'il y avait ou non une canalisation de gaz "signalée répertoriée" de même le temps qui s'écoule entre l'odeur de la fuite , l'évacuation des gens alentours et plein d'autres imprudences négligences -
il faut se dire aussi que ce n'est pas la première fois que cela arrive avec les pelleteuses (je n'accuse pas les pelleteuses -les gars qui les conduisent sont qualifiés- mais je trouve qu'il n'y a pas de 1) : de zone de sécurité établie - 2) plusieurs responsables surtout de GDF venant vérifier avant de creuser et en possession des plans ou autres - 3) au vu et étude de toutes les informations on donne l'ordre de creuser avec tout un dispositif en place en cas de...
on a tellement l'habitude de ces travaux que cela devient tout à fait normal de transformer et creuser (fromage de gruyère partout) que l'attention se relache !! vous ne trouvez pas ?
moi où que je sois, à la vue de travaux, j'essaie de faire un détour, ou alors je ne traîne pas dans les parages et je reste inquiète .
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Dimanche 11 Novembre 2007, 23:10
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← Re: suite des infos sur le terrible drame de Bondy
...si ça avait été des français ,enfin des blancs ,vous en parleriez moins ...(des victimes.)Répondre -
Jeudi 1 Novembre 2007, 19:29
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La responsabilité de GDF
L'un des points les plus inquiétants est le très long délai qui s'est écoulé avant que le gaz ne soit coupé. Lors du récent incendie volontaire de la crèche, ce délai avait également été anormalement long.Répondre -
Vendredi 2 Novembre 2007, 10:06
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Je crois qu'il est trotp tôt pour polemiquer, attendons le rapport des experts...et essayons de penser aux dispositions à prendre pour qu'un tel malheur ne se reproduise pas à l'occasion des travaux en cours...Pourquoi n'est-il pas prévu des fouilles préventives pour reperer avec précision l'emplacement des canalisations entérrées et vérifier leur état, comme cela se fait en matiere archéologique ?
N'existe-t'il pas un service de coordination des travaux entre les différentes entrprises concernées, directement ou indirectement, par ce genre de travaux..j'ai toujours été étonnée de voir que l'on défoncait les trottoirs à differentes reprises, tantôt pour l'eau, les egout, le cable, etc...ce serait pourtant plus économique de faire tout en meme temps, il y a matiere à reflechir...dans l'immediat, il faut aider les sinistrés et soutenir leurs familles et tous ceux qui ont été éprouvés moralement par ce drame.
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Vendredi 2 Novembre 2007, 11:45
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GDF, suite
GDF dit:« Nous sommes arrivés comme le prévoient nos engagements, moins de 30 minutes après avoir été prévenus. En accord avec les pompiers, il nous a semblé préférable de ne pas écraser la canalisation, méthode la plus immédiate de couper le gaz, mais susceptible de créer des poches de gaz, ce qui est encore plus risqué. »
Et fermer un robinet, ce ne serait pas la méthode la plus immédiate, par hasard? GDF n'a pas encore découvert le robinet, en 2007?
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Samedi 3 Novembre 2007, 00:24
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← Re: GDF, suite
Le gaz a un comportement bizarre, il m'est arrivé de voir sur un chantier un choc à un endroit et une odeur à un autre. Avant de parler vous devriez vous renseigner sur ce que l'on nomme le retour de gaz, la pression fait que le débit se modifie et fait des poches ou des retours qui peuvent s'avèrer encore plus risqués. Les techniciens connaissent le problème.Répondre -
Samedi 3 Novembre 2007, 01:54
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← Arrogance fonctionnariste
J'adore les gens sur Internet qui disent aux autres: vous devriez vous renseigner avant de parler.Puisque vous avez l'air plus renseigné que tout le monde, De Passage, vous pourriez peut-être nous dire pourquoi, à votre avis, GDF n'a pas fermé plus tôt la vanne qui se trouvait forcément en amont de la conduite éventrée. Votre explication incompréhensible n'en est pas une.
Je suis ravi que les techniciens connaissent le problème, mais ça va faire une belle jambe au mort et aux aux blessés. Les techniciens d'EDF sont au service des Français et ils leur doivent des explications, qu'ils ne leur ont pas données jusqu'à présent.
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