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Un Bondynois parmi les grands

Mercredi 23/01/2008 | Posté par Yoann Defaix |

L'étoile montante Guillaume Crépain suivra avidement à la télé l’Euro de handball qui vient de commencer, en rêvant un jour d’endosser le maillot bleu.

Le handball est un discipline méconnue alors que c’est l’un des sports où une équipe bleue, blanche et rouge est des plus performantes. Tout le monde connait l’époque des « bronzés », des « barjots » ou encore celle des « costauds ». Le handball est un sport où les qualités physiques sont la plupart du temps primordiales. Et pourtant, à travers ce paysage de « golgoths », un petit lutin s’est faufilé et fait peu à peu son trou.

Un joueur au physique atypique qui, à 1m76, occupe un poste où rarement un jeune espoir obtient la confiance de l’entraîneur : le demi-centre. Guillaume Crépain a aujourd’hui les clés du jeu ivryen, à seulement 21 ans, après avoir été à la tête de toutes les équipes de jeunes, notamment celle de Bondy. Le handball n’est pas un hasard pour Guillaume : ses parents sont d’anciens jours et sa tante s’occupe aujourd’hui de la section handball de Bondy.

Son parcours est des plus simples, évoluant crescendo en même temps que son talent et son ambition. Bondy lui a fait découvrir la compétition quand il était petit : « C’est là que tu commences le handball, ça s’oublie pas : tu joues avec tes potes. Je me souviens des gymnases Aiache et Léo LaGrange, et quand tu as joué a Léo tu peux jouer partout après ! », se souvient Guillaume.  Il est vrai que ce gymnase était particulièrement pathétique. Ensuite c’est à Gagny de l’ouvrir au niveau national, avant qu’Ivry lui apprenne son métier.

Car aujourd’hui Guillaume vit du handball. Il a même quitté le domicile familial pour s’installer au centre de formation ; en contrepartie de quoi le demi-centre se donne à fond pour son sport. Là-bas, en nationale 1, avec les autres espoirs du club, il côtoie la rigueur du handball de haut niveau. Couvé à l’époque par Stéphane Imbratta, son entraîneur, le jeune joueur est élu meilleur demi-centre de la saison. Sa force : sa vision du jeu, sa rapidité, ses appuis et sa faculté à donner confiance à ses partenaires.

Virage dans sa carrière, saison 2006-2007 : il intègre le groupe professionnel au moment où Imbratta en prend les commandes – Ivry joue en première division, le top du handball en France. « Il m’a emmené dans ses bagages, je lui dois beaucoup. Stéphane m’a toujours conseillé et me conseille encore ». Cette saison-là Guillaume est champion de France et finaliste de la coupe de la ligue. Il apprend vite aux côtés d’un Islandais prénommé Ragnar Oskarsson et, sur le terrain, il dévore les minutes qui lui sont offertes. Tant et si bien qu’il sera titulaire lors de la finale de la coupe contre Montpellier, le top en France grâce à tous ses internationaux. Néanmoins, comme sa carrière professionnelle n’est pas éternelle, il passe ses diplômes d’éducateur sportif, l’ETAPS.

Saison 2007-2008 : ça commence mal. Guillaume se blesse en stage de préparation et sera arrêté trois mois à cause d’un coude douloureux. Fin novembre, c’est le retour, mais le petit demi-centre n’est pas titulaire : l’Islandais est parti sous d’autres cieux et un Norvégien est venu concurrencer le jeune Bondinois. Guillaume fera malgré tout ses débuts en ligue des champions. Déplacements en Russie, en République tchèque et surtout en Espagne pour jouer contre le grand Barcelone. Mi-novembre, le Norvégien se blesse gravement au tendon d’Achille. C’est la chance de Guillaume, son entraîneur lui offre les clés de l’équipe pro, championne de France. Il éclatera devant les cameras contre l’équipe de Barcelone où Guillaume pèsera concrètement sur cette rencontre : son dynamisme, son « petit grain de folie », et son culot impressionnent. Grâce à lui, Ivry se qualifie pour le prochain tour. Et petite anecdote, son maillot rouge et noir floqué de son nom est le deuxième maillot le plus vendu au club. Le signe d’un grand ?

Alors Guillaume rêve : « Aller jouer à Kiel ou à Pampelune, ce serait grand. Petit, j’accrochais des posters de ces équipes au mur de ma chambre. Alors avoir la chance aujourd’hui de les jouer et d’essayer de les battre, que puis-je espérer de mieux ? » Son vœu a été exaucé, Ivry rencontrera Kiel, la meilleur équipe au monde. Mais celui qui dort encore chez ses parents avant chaque match a une autre ambition : celle d’aller jouer, un jour, dans l’un des meilleurs championnats du monde, en Espagne ou en Allemagne. Le petit Bondinois pourra alors faire parti des grands. Quant à l’équipe de France, « [il] n’y pense même pas ! » Fausse modestie ? L’avenir nous le dira.

Yoann Defaix

Yoann Defaix -

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