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Annick, sa vie avec l’hépatite C attrapée par transfusion
Vendredi 21/11/2008 | Posté par Nadia Méhouri |
Une opération subie en 1983 a bouleversé l'existence de cette femme aujourd’hui âgée de 67 ans. Son combat pour obtenir des réparations est celui de dizaines de milliers de transfusés en France.
Annick F., 67 ans, vit avec une retraite de 600 euros par mois, le minimum social. « Si j'avais pu travailler normalement, j'aurais eu une retraite plus élevée, mais je me suis retrouvée en longue maladie trop tôt. Mon avocat a fait le nécessaire mais comme toujours, la partie adverse refuse de reconnaître ses torts et ralentit la procédure à coups de contre-expertises. La dernière m'a coûté 1600 euros, que j'ai dû emprunter. Quand vous voyez toutes les difficultés administratives et judiciaires qui se dressent devant vous alors que vous êtes affaibli par la maladie et les insomnies, vous avez juste envie de baisser les bras. Je sais que beaucoup de victimes de ces transfusions sont mortes dans le silence pour la plus grande majorité. Moi, je continuerai jusqu'au bout, quoiqu'il arrive, puisque aujourd'hui, avec un quatrième avocat, je vais en cour d'appel. »
En 1983, à l'hôpital Bon Secours de Metz, Annick a subi une intervention chirurgicale qui a nécessité une transfusion sanguine. L’opération en elle-même s’est bien déroulée. Le problème, c’est que le sang passé dans ses veines était contaminé par l’hépatite C. Cette maladie qui faisait des ravages dans son corps, était alors mal connue et ne disposait d’aucun protocole de soins. Malgré des symptômes invalidants, cette vendeuse en mercerie a continué de travailler autant qu'elle l’a pu : « Il n'y avait aucun traitement à l'époque, je vivais couchée avec des arrêts de travail, des régimes alimentaires. J'étais constamment fatiguée, je travaillais malgré tout dans des conditions très difficiles avec pleins d'effets secondaires tels que des ulcères cornéens dans les yeux, des grosses fatigues, des nausées permanentes, dus au déficit immunitaire causés par cette maladie. »
En 1990 on donne enfin un nom à cette maladie mystérieuse : on l’appellera hépatite C. C’est en écrivant à François Mitterrand le président de la République qu’elle retrouve les traces du donneur malade. J'ai enfin pu rencontrer le directeur du centre de transfusion sanguine de la Moselle qui m'a avoué ceci : « On sait que vous avez été transfusée par nos soins, vous avez eu deux poches de sang contaminés, on a retrouvé le donneur. »
Après de multiples recherches de soutiens, Annick s’est tournée vers l'association AAVAC*, basée à Bordeaux. Avec l’aide de cette dernière, elle a trouve un avocat avec qui elle a intenté un procès contre le centre de transfusion responsable de cette erreur médicale. Elle a obtenu gain de cause en cour d'appel, où on a enfin reconnu que sa maladie était bien due à l'hépatite C post-transfusionnelle. Elle a eu droit à une indemnité de 500 000 francs en 2000, soit 76 000 euros pour « préjudice moral », « pretium doloris » et « préjudice d'agréments ». « J’'ai du dépenser près 38 000 euros en frais d'avocats, d'huissiers, pour mes allées et venues sur Paris afin d'y rencontre des expert médicaux, pour mes consultations chez des gastroentérologues et autres visites médicales, biopsies, prélèvements de foie… »
Cependant, les effets secondaires de la bithérapie (Interféron et Rivabirine) qu'elle a dû subir restent et persistent. Elle assigne donc à nouveau le centre de transfusion sanguine de Moselle en justice depuis 2002 pour obtenir des dommages et intérêts pour ses pertes de salaires et son invalidité forcée causée par cette maladie qu’on lui a « refilée » lors d’une intervention chirurgicale.
Selon les chiffres de l’association AAVAC, 500 000 à 600 000 personnes sont atteintes d'hépatite C à ce jour en France. La voie principale de contamination est la voie sanguine. 40% des malades porteurs du virus C ont été infecté par transfusion sanguine. Il y a donc en France aujourd'hui entre 200 000 et 300 000 personnes contaminées par transfusion sanguine. En l'absence de fonds d'indemnisation identique à celui créé pour le Sida, les victimes des hépatites C post-transfusionnelles n'ont d’autre voie d’action que d'engager une procédure contre les centres de transfusion sanguine responsables de la fourniture de produits contaminés.
Nadia Méhouri
*AAVAC : Association d'aide aux victimes d'accidents corporels et d'erreurs médicales.
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Réactions des internautes
Vendredi 21 Novembre 2008, 21:47
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les risques aujourd'hui
C'est inquiètant mais quels sont les risques pour qu'on attrappe quelque chose de semblable par transfusion aujourd'hui ?Répondre -
Samedi 22 Novembre 2008, 11:36
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LES RISQUES DANS LES HOPITAUX
Hélas il s'agit là d'un exemple d'un problème majeur de nos hôpitaux avec la baisse de la qualité des soins et les maladies nosocomiales. Dans le cas présenté je pense qu'il s'agit plus d'une méconnaissance, à l'époque de la contamination de la personne citée dans l'article, du problème et de l'inexistence de solutions, il faudrait donc que la sécurité sociale et la société prennent en charge l'indemnisation des victimes.J'ai peur qu'il n'y ait pas beaucoup de solutions car l'argent manque un peu partout néanmoins pour finir sur une note plus positive le taux de maladies nosocomiales est de moins de 5% en France contre près du double dans certains autres pays Européens. Dans le pays européen où j'habite l'état des hôpitaux est catastrophique et fait peur et je préfèrerai rentrer en France en cas d'opération importante.
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Samedi 22 Novembre 2008, 14:09
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← Re: LES RISQUES DANS LES HOPITAUX
Franchement, je me méfie toujours des pourcentages. 5 % ça représente quoi ? Entre 700 000 et 800 000 personnes, c’est tout de suite plus conséquent. Parmi ces victimes hospitalières environ 4 000 en meurent. Et si c’était nous ?
On a beau être en France, je suis certaine que l’on peut baisser les chiffres et le trou de la sécurité sociale par la même occasion. T’es pas d’accord ?
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Samedi 22 Novembre 2008, 22:40
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← Re: LES RISQUES DANS LES HOPITAUX
Oui en chiffres bruts cela fait tout de suite plus mais cela veut aussi dire que le pays Européens qui approche les 9% pourrait avoir le double de contaminés et près de 8 000 morts par ans. J'admet que 4 000 c'est beaucoup mais 8 000 c'est encore plus.Certes quelques mesures simples suffiraient à faire gratuitement ou presque baisser ce chiffre comme le respect des mesures d'hygiène: style l'infirmière qui se lave les mains après avoir soigné chaque patient, ...
Il y a un problème de compétitivité dans nos hôpitaux, de mauvais management du personnel existant et de mauvaise qualité de certains praticiens.
Je donne mon exemple personnel, il y a trois ans je me casse les deux bras lors d'un accident domestique dans mon appartement parisien(escalier intérieur branlant), je me rends aux urgences de l'Hôtel Dieu de Paris proche de mon domicile. Ce jour là il y a un interne pour 10 infirmières qui du coup se tournent les pouces par manque d'ordres, j'attends près de 8 heures des soins ou un calmant contre la douleur donné au bout de 6 heures parce que je commençais à protester de plus en plus vivement, premier dysfonctionnement. Puis, je vais en radiologie et j'en reviens mais les radios sont illisibles, je dois y retourner, le radiologue gueule qu'il a déjà pris les radios de mes bras je l'informe qu'il a mal fait son travail d'après l'interne, il est furieux, je remonte voir l'interne au vu des deuxièmes radios il prend peur et veut me faire opérer d'urgence le poignet droit dans un autre hôpital spécialisé, j'attends une heure faute de place à Paris et commençant sérieusement à m'impatienter et à avoir peur je téléphone à un proche pour obtenir par piston une place dans un hôpital hors de Paris. Je l'obtiens et tant pis pour les énormes frais d'ambulance pour la sécu qui fait si mal son travail, là je rencontre l'anesthésiste puis l'interne qui au vu des radios me dit que l'opération n'est pas nécessaire, j'ai évité le pire, une opération coûteuse et inutile, deuxième dysfonctionnement, je suis plâtré pour les bras et bandé pour le poignet et renvoyé chez moi, mais par la suite le professeur, pourtant réputé, refuse de me marquer de la rééducation chez un kiné, résultat depuis je ne peux plus porter de choses lourdes troisième dysfonctionnement. Chose curieuse une parente de 92 ans s'est blessée chez moi et les pompiers l'emmènent à Cochin, je leur demande pourquoi car il y a des hôpitaux plus proche, ils me disent qu'ils évitent certains, notamment l'Hôtel Dieu car la qualité des urgences y est très faible. Jamais deux sans trois ma mère à 77 ans se blesse chez moi et je l'emmène à l'Hôtel Dieu et là rebelotte les radios doivent être prises deux fois car le radiologue a raté la première. La sécu dans ces différentes anecdotes de la vraie vie, a perdu une fortune à cause d'une mauvaise gestion d'un hôpital et de la qualité de son personnel, et du mauvais contrôle qui est fait de l'argent dépensé.
Le risque des hôpitaux c'est aussi d'être mal soigné. Mon mal au bras récurent me le rappelle assez souvent.
Baisser les chiffres des erreurs médicales serait possible mais une énorme réforme s'impose pour y parvenir.
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Dimanche 23 Novembre 2008, 06:53
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← Re: LES RISQUES DANS LES HOPITAUX
===> Commandeur 2Ce que vous rapportez sur un ton mesuré est glaçant. La bureaucratie, nous en sommes coûtumiers. Mais la médecine, c'est-à-dire la science? Sept années d'études après le bac! suivies de l'internat, puis du professorat : des années de concours et de pratique! Tout cela pour ne pas déceler des fractures du bras!Bien sûr, l'erreur est humaine, mais la morgue pour couvrir une erreur ou une faute d'incompétence est insupportable.
Il y a encore des "docteurs Knock" au XXIe siècle.
Consolez-vous, cependant, puisque, contrairement à certains, vous n'êtes pas "mort guéri".
Briardounet
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Dimanche 23 Novembre 2008, 11:40
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← Re: LES RISQUES DANS LES HOPITAUX
Briardounet,Peut être que la mèdecine est victime de la bureaucratie.
Les Mandarins ont un problème de gestion de leur temps, ils passent plus de temps dans les conférences internationales, les associations, les plateaux TV et la paperasse que dans leurs services, laissant la place à des jeunes qui ne sont pas forcément au top et n'encadrant pas assez les internes et les infirmières.
La gestion du personnel et sa formation pose problème malgré une bonne volonté évidente mais qui ne suffit pas à faire une bonne mèdecine. Dans mon exemple un bobo à un doigt est passé avant moi alors qu'il est arrivé longtemps après, la gestion des priorités a été mal faite sans doute faute d'apprentissage suffisant.
Un docteur de quartier du temps jadis aurait suffit pour une coupure au doigt voire une fracture des bras mais maintenant l'organisation des soins est tellement mal faite qu'il faut aller aux urgences des hôpitaux ce qui a un coup pour la collectivité et surtout encombre inutilement les urgences. De nos jours, il vaut mieux ne pas tomber malade ou avoir un accident pendant la nuit ou un week end.
Vous avez raison je n'en suis pas mort mais mon grand père est mort d'une surdose de calmants dans une clinique où il était soigné et une de mes tantes a été empoisonnée par ses trop nombreux médicaments cela relève un tantinet de l'incompétence dans le premier cas de l'infirmière, dans le second des docteurs.
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Dimanche 23 Novembre 2008, 21:06
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← les risques dans les hôpitaux et près de chez nous
A contrario, il y a aussi ces infirmières et ces médecins à l’hôpital qui passent plus de temps auprès de leurs patients que de leur famille, maladie oblige. Je ne sais pas comment ils font pour faire autant d’heure (s).
Par contre, je ne suis pas fan des médecins de famille, vous savez le médecin de quartier qui vous délivre un certificat médical de bonne santé sans vous ausculter. Si, si c’est celui qui vous demande ce que vous avez et quels médicaments vous voulez pour vous soigner, c'est tout !
Je suis certaine qu’on l’a tous vécu au moins une fois (et même que des fois ça nous arrange bien de rentrer plus tôt à la maison.) Bref, le mauvais plan. C’est comme ça qu’on passe à côté d’un souffle au cœur, une anémie ou un cancer par exemple alors qu’une consultation bien faite aurait peut-être tout changer.
Bien fait pour moi !
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Dimanche 23 Novembre 2008, 21:52
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← Re: les risques dans les hôpitaux et près de chez nous
Oui j'en conviens il y a peut être des infirmières et des docteurs sérieux dans certains hôpitaux mais par expérience, j'en ai pas vu beaucoup comme cela.Dans l'hôpital où j'ai failli être opéré, j'ai même vu le contraire, l'autre malade de ma chambre appelait l'infirmière comme elle ne répondait pas, au bout d'un moment, je suis allé la chercher et elle s'est contentée de me dire qu'il était fou et qu'il ne fallait pas faire attention à lui et du coup elle m'a changé de chambre. Génial non?
Une autre fois, j'ai emmené un de mes amis qui avait pris une branche dans un oeil aux urgences d'un CHU de province et il y a été tellement bien soigné qu'il a failli perdre son oeil sans les soins des docteurs du Président de la République du Val de Grâce. Malheureusement pour se faire soigner dans cet hôpital, il fallait, à l'époque en tout cas, une recommandation que tout le monde ne peut pas obtenir. Bref un exemple de médecine à deux vitesse, basée sur le carnet d'adresse, selon que vous avez un médecin connu dans votre famille ou celle de vos amis ou pas du tout.
Par contre j'ai toujours été très bien soigné par mon médecin de famille, qui au temps jadis pouvait être dérangé même la nuit ou le week-end, ce qui évitait de voir de la bobologie aux urgences des hôpitaux. Quand aux arrêts de travail de complaisance ni mon père, mon frère ou moi n'en avons bénéficié.
Quand vous emmenez votre frère couvert de sang après un accident de moto assez grave aux urgences, c'est très énervant, voire plus, de le voir attendre des heures en perdant son sang pendant que les internes soignent des bobos et autres rhumes.
Il y a depuis longtemps un grave problème d'organisation de la médecine de ville et des urgences hospitalières. Je voulais juste le souligner.
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