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Les jeunes des cités séduits par Harry à Villiers-le-Bel
Mercredi 25/11/2009 | Posté par Inès El laboudy |
Inès, qui réside dans un quartier de Bobigny, a pris le pouls de Facebook sitôt diffusé le reportage en « immersion » de TF1, hier soir.
TF1 l’annonçait depuis plusieurs semaines déjà. Effet de teasing réussi. Clap de départ, donc, hier à 23h15, pour l’émission « Harry Roselmack : Derrière les murs de la cité », soit un mois en « immersion » à Villiers-le-Bel, dans la cité de la ZAC, là où 130 policiers avaient été blessés, dont certains par balles, il y a deux ans, suite à la mort de deux adolescents dans une collision entre leur mini-moto et une voiture de police. « Salam aleykoum », dit Harry à un vieil homme maghrébin dans une cage d’escalier. On est dans l’ambiance.
Mais comment les habitants des quartiers, les jeunes en particulier, prompts à dénoncer l’image que les « médias » donnent d’eux-mêmes, allaient-ils recevoir cette émission qui ne se veut pas comme les autres ?
Pour le savoir, rien ne vaut une « immersion » dans Facebook. Mais les SMS que je reçois indiquent aussi qu’on a affaire là à un phénomène. Des jeunes qui avaient décidé de ne pas regarder ce reportage parce que « c’est toujours la même chose à la télé sur la banlieue et les cités. On y dénigre notre vie, on la caricature, avec toujours les mêmes accents mis sur les trafics illicites », ont fini par le regarder. Et visiblement, le ton plaît. Le type qui se vente d’être en vacances quand il est en prison frappe bon nombre de jeunes téléspectateurs : « N’importe quoi, il veux faire le mariole devant Harry et la caméra. Il dit que le système français ne sert à rien et ne le fera pas changer, mais s’il prend une peine de 20 ans, peut-être que là, il commencera à réfléchir... »
« L’argent, le nerf de la guerre », c’est ce qu’annonce Rex, un grand frère de la cité Cerisaie. Une paire de baskets chère est souvent la seule chose de prix que possède l’ado qui les porte. Ses parents, les parents en général, n’ont pas eu tout ça au même âge. Du coup, ils se rattrapent avec leurs enfants. Cette vision, là encore, fait mouche sur Facebook : bien vu, disent les commentaires. Le mot qui revient le plus, tant dans le reportage que dans la bouche des jeunes qui le voient avec moi, c’est : « Assumer ! Assumer ses actes, assumer ses faiblesses ou sa vie illicite. »
Le reportage montre des jeunes qui deviennent dépressifs, alcooliques, perdent confiance en eux, l’un est schizophrène. Cette réalité fait réfléchir la Toile. Quand Harry et son équipe se font virer du logement dans lequel ils s’étaient installés à la cité de la ZAC prouve que malgré les efforts d’une partie de la population, c’est une minorité qui domine le quartier. La suite du reportage se poursuivra donc à la Cerisaie.
Le passage sur la moto fait réagir également : « C’est l’évasion, c’est un moyen d’oublier les problèmes qu’on a à la maison, au quartier, etc. » Le fait que la police « les traque », ces jeunes motards sans casque, et notamment dans la cité de Bobigny où je réside, les énerve encore plus. Contrôles fréquents, parfois inutiles et quelquefois violents. Mais les jeunes n’arrêteront pas pour autant.
La succession de témoignages poignants parle au téléspectateur banlieusard, qui se fond dans le reportage. Pour ma part, face à « Harry Roselmack : Derrière les murs de la cité », j’ai eu l’impression de voir certaines personnes de mon quartier. D’autres, à Bobigny, ont eu le même sentiment que moi. Tant les ressemblances sont fortes.
Les bémols, maintenant : l’absence d’un portrait d’un mec qui a réussi sa vie, qui a réussi à démontrer que le mec de cité est tout aussi capable qu’un autre de s’en sortir par le haut. Le témoignage, ensuite, de ce jeune homme qui a perdu un œil,suite au tir, dit-il, d’un flash-ball de policier, alors que ceux-ci avaient entrepris de disperser d’autres jeunes qui lançaient des pierres, aurait mérité vérification de la part de l’équipe de TF1.
Mais les paroles de Rex, le grand frère, ex-membre d’un gang – « mais ça aurait pu être l’armée plutôt que la gang, si on me l'avait dit » –, aujourd’hui père de famille, sont belles et bien dites. « Il faut de la présence pour nos enfants, il faut des papas présents. Si on ne se lève pas, si on ne se bat pas, si on ne se construit pas, on ne nous donnera jamais rien. Et quand on fait le bilan depuis 2007, personne n’a rien gagné. Il y en a qui sont en taule, des policiers blessés, des jeunes qui sont morts. Maintenant, il faut en tirer des leçons et faire en sorte que ce type de situation qui n’apporte rien ne se reproduise plus... »
Inès El Laboudy
Crédit photo : Nicolas Oran
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Réactions des internautes
Mercredi 25 Novembre 2009, 15:35
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bon article
c'est un bon article mademoiselle. bonne prise de recul et là on sent un côté humain intéressant.Le reportage de tf1 est un peu cours et il manque d'exemples positifs.
J'ai beaucoup apprécié la famille d'origine africaine avec une maman qui a une sacrée pêche! c'est en montrant des familles comme celles là que de nombreux français changeront d'avis sur les cités.
quant au jeune qui a perdu un oeil, c'est terrible mais il a pris de la distance et ne semble pas en colère; au moins il reconnait que c'étaient des jeunes qui avaient provoqué les flics et qui s'étaient planqués derrière eux. on ne sait pas si c'est vrai mais au moins il relativise et on se ressent plus d'empathie.
bonne continuation
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Lundi 30 Novembre 2009, 21:37
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← @lesteph
Bonsoir Stéphane,
si tu veux te marrer un petit coup et si tu aimes bien Jean Dujardin, viens-donc voir ce que j'ai trouvé ici:
http://bondyblog.ifrance.com/bidon/clips-video/index.html
Bonne fin de soirée,
Mariella
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Mercredi 25 Novembre 2009, 15:45
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Il faudrait les laisser rouler à moto sans casque, au péril de leur vie et des passants, parce qu'ils ont besoin d'évasion (ils peuvent à peine se payer des baskets mais ont des motos ?).Pour l'évasion il y a la télé, ou mieux des bibliothèques.
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Mercredi 25 Novembre 2009, 16:11
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← Re:
ouais minos, mais enfin qui n'a pas aimé aller vite en ski ou en scooter, en moto ou a cheval .Répondre -
Mercredi 25 Novembre 2009, 16:22
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← Re:
ben j'ai attendu d'avoir 23 ans pour me payer le permis moto et une année supplémentaire pour la bécane! et les fois où j'ai allumé c'était sur route, pas en ville et toujours le casque sur la tronche!!et à leurs âges, ben je m'occupais plus sainement sans faire de conneries.... et d'autres jeunes des cités font autres choses que trainer! comme si habiter en cité exemptait des problèmes les ados : "j'm'ennuie, qu'est ce qu'on fait, trop dur la vie, les adultes sont tous des cons...."
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Mercredi 25 Novembre 2009, 16:40
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← Re:
Mowglii,N'oubliez pas votre casque. Dans le milieu médical, les motards sont appelés "les donneurs d'organes".
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Mercredi 25 Novembre 2009, 18:23
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← Re:
merci bondynoise ;-)vous avez raison, la vitesse oui, mais pas n'importe comment ni n'importe où .
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Mercredi 25 Novembre 2009, 16:09
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interessant, meme quand on a pas vu le teasing ni le reportage. ca donne envie .Répondre -
Mercredi 25 Novembre 2009, 16:49
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← Re:
Voila, Mowglii, cadeau:
http://videos.tf1.fr/harry-roselmack-derriere-les-murs-de-la-cite/l-emission-du-mardi-24-novembre-5556679.html
Bonne continuation de programme sur TF1, comme dirait l'autre.
Mariella
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Mercredi 25 Novembre 2009, 21:16
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Séduits par Harry ...
Merci pour cet article, c'est bien de rédiger et de prendre le peine de partager en prenant le temps de la réflexion.J'en ai profité pour m'inscrire, pour réagir car cela fait plusieurs années que je vous lis.
Tout d'abord j'ai aperçu quelques images de ce reportage et j'ai été choqué par une phrase dite par une personne qui accueillait le journaliste Harry. La phrase sous entendait qu'on pouvait repérer à ceux qui tremblaient s'ils habitaient là et s'ils était dignes en quelque sorte de passer par ici (en tout cas c'est ma compréhension de ces quelques mots).
Ce comportement et cette façon de penser me dérange, c'est un comportement animal et surtout cela sous entend que la force doit régner, bref j'aurais préféré que la scène soit coupée, le dialogue modifié car même si cela représente ce que pense une partie des habitant, cela ne donne vraiment pas une bonne image de la cité.
Je ne regarderais pas ce reportage car j'en ai marre de ces pseudo reportages peu étayés qui ne font que montrer des images que peu de gens vont interpréter comme on le voudrait et j'en ai marre qu'on étale une pseudo misère de personnes qui auraient le pouvoir de faire des choses bien mais qui ont choisies une autre voie.
J'ai vécu en cité toute ma jeunesse, j'ai vécu à Chanteloup les vignes et à Trappes toute ma jeunesse dans les années 80, je peux vous assurer que j'en garde un très bon souvenir.
De plus j'ai été animateur plusieurs années à Trappes, je peux vous assurer que la reconnaissance, le travail collectif et le dialogue m'ont fait comprendre que les plus jeunes (3 à 5 ans de moins que moi à l'époque) étaient vraiment intéressants et avaient envie de faire beaucoup de choses.
Même si on m'a dit récemment que cela avait beaucoup changé depuis les années 80/90, je ne peux me résigner à croire que cela est irréversible.
Pour en revenir à notre journaliste Harry, je trouve malheureux ce type d'engouement pour un journaliste qui passe à la télé, que tout le monde pense connaître et qui n'a qu'un seul objectif, maintenir son audimat. Je pense à tous ces acteurs de la ville qui au quotidien oeuvre pour rendre meilleure la ville, les activités et qui ne passeront jamais à la télé et qui certains soirs trembleront en sortant d'une réunion de quartier ...
Bref, si nous passions moins de temps à regarder la télé nous pourrions faire des choses plus concrêtes !
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Vendredi 27 Novembre 2009, 08:51
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← Re: Séduits par Harry ...
Bonjour,moi de mon côté je suis content du reportage: il montre quand plusieurs bons côtés: lorsqu'ils interview des jeunes en bande, qd qqun dit qu'elle aime bien être en cité car il ya plus de proximité entre les gens.
Et puis je trouve M.Roselmack courageux, ce n'est pas ses quartiers d'origine, et malgré la certaine tension qui règne dans ces quartiers, il comptait y rester 1 mois, moi je dis chapeau!
et on peut d'ailleurs sentir son engouement au fur et à mesure du reportage, sa déception aussi qd il doit partir au bout de 3 jours.
C'est vrai qu'il ya une grande agressivité dans ces quartiers qui a besoin de sortir, mais ce qu'il faudrait qu'ils sachent c'est que nous qui habitons ailleurs avons aussi des problèmes importants, que nous devons également "nous battre" pour avoir du travail, se faire respecter...
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