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Tranche de train

Dimanche 09/09/2007 | Posté par Cédric Roussel |

Quatre agents de sécurité patrouillent dans une rame de banlieue. Ils s'arrêtent à la hauteur de deux adolescents. Cédric raconte

Je suis tranquillement assis dans un train de banlieue direction gare Saint-Lazare, un livre pour me tenir compagnie. Subitement ma quiétude est troublée par l’ouverture de la porte du fond d’où apparaissent quatre agents de sécurité. Ne voyant aucun contrôleur les accompagner, je laisse mon ticket bien au chaud dans ma poche et je me replonge dans ma lecture. Les agents passent à ma hauteur puis continuent leur patrouille en déambulant lentement dans le train. Ils ouvrent la porte suivante et s’engouffrent dans le prochain wagon. Le train ralentit puis s’arrête à une des nombreuses gares qui jalonnent son cheminement vers Paris. Deux jeunes montent dans le train. Ils sont aussi blancs de peau que je peux l’être (on me qualifie souvent de cachet d’aspirine), cependant, à leur apparence vestimentaire, on peut aisément les typer « banlieue »: habits de sports amples à l’excès, casquettes vissées sur la tête, etc.

Le train redémarre. Quelques instants plus tard, les quatre agents réapparaissent dans le wagon. Ils font le chemin en sens inverse. Ils continuent à déambuler tranquillement, passent devant moi et arrivent bientôt à la hauteur des deux jeunes. Là, ils s’arrêtent et demandent aux adolescents leurs titres de transport. En l’occurrence l’un d’eux est en infraction car il n’a pas son titre avec lui. S’ensuit une discussion animée entre les jeunes et les agents sans que pourtant le ton monte trop. Je saisis tout de même que celui en infraction affirme ne pas avoir avec lui de papiers d’identité.

Arrivé à la destination prévue des deux adolescents, celui en règle quitte la rame. L’autre a semble-t-il gagné le droit d’une balade avec les quatre agents: ils ne sont pas en mesure de le verbaliser mais ils ne semblent pas non plus décidés à abandonner la partie. Par la suite, les protagonistes n’échangent plus grand-chose et restent là, debout, devant moi. Deux arrêts plus loin, l’un des agents, après une dernière réprimande verbale, indique au jeune qu’il est libre et qu’il peut quitter le train. Le jeune sort effectivement du wagon. Les hommes en bleu reprennent leur patrouille et passent à nouveau la porte du fond.

Cédric Roussel

Cédric Roussel -

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